Ravel, l’effet Nézet-Séguin

 

Le chef d’orchestre canadien Yannick Nézet-Séguin est des jeunes baguettes que l’on s’arrache. Invité par les grandes phalanges, il est déjà chef invité privilégié au London Philharmonic, il a succédé à Valery Gergiev comme directeur musical de l’orchestre philharmonique de Rotterdam et il a ses habitudes au festival de Salzbourg où il va diriger, l’été, prochain, deux opéras !  Nous l’avions entendu à Amsterdam dans la redoutable et ultra difficile Affaire Makropoulos de Janacek.

 

EMI lui offre donc la possibilité de graver un premier album symphonique avec son nouvel orchestre. L’orchestre doit se rappeler les leçons de Jean Fournet qui fut son chef entre 1968 et 1973 car l’orchestre donne une leçon de couleurs françaises aux 9/10 des phalanges hexagonales !  

 

Il suffit d’écouter les Valses nobles et sentimentales pour se convaincre de la compréhension exemplaire de cette musique. Redoutables, ces pièces sonnent ici de manière parfaite avec une alliance entre chorégraphie et nostalgie. La suite de Ma Mère l’Oye est bercée avec douceur et amour tandis que la suite n°2 de Daphnis et Chloé s’affirme avec puissance et sens du théâtre.

 

Il y avait Munch, Martinon, Boulez, Ozawa, Abbado, il faut désormais ajouter Nézet-Seguin qui n’a rien à céder à ses illustres aînés.

 

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