Pina Bausch
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Certaines personnalités sont tellement fortes et incontournables qu’elles sont entrées, de leur vivant, dans la légende. C’est le cas de Pina Bausch….

Je ne vais pas réécrire sa biographie et citer ses grandes réalisations, on peut en prendre connaissance ailleurs.
En 2006, Bernard Foccroulle, alors directeur de La Monnaie, avait invité la chorégraphe allemande et sa troupe de Wuppertal pour quelques soirées au Cirque royal de Bruxelles. Le programme était composé de l’incontournable Café Müller et du Sacre du Printemps. J’ai vu quelques chorégraphies du Sacre dont certaines historiques (Béjart, Nijinski…), mais aucune n’avait la force et la puissance de celle de Pina Bausch.
Une dernière huée pour la route ! Le Roi Roger à La Bastille
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Dernière nouvelle production à l’Opéra de Paris sous le mandat de Gérard Mortier : la création scénique en France et l’entrée au Répertoire de l’ONP du Roi Roger de Szymanowski. Belle idée en guise d’apothéose ? Peut être, mais les travées dégarnies de cette matinée font tout de même regretter le placement en toute fin de saison d’un évènement incontestablement majeur.
La musique reste la grande triomphatrice de cette représentation. La musique est absolument merveilleuse avec un raffinement des timbres enchanteur et un côté extatique du plus bel effet. L’œuvre gagne à être entendue en concert pour cerner tous les détails de l’orchestration. K.Ono, chef des plus soigneux et attentif, sait magnifier tous les sortilèges du Roi Roger à la tête d’un Orchestre de l’Opéra de Paris comme toujours excellent.
La distribution, composée de solides chanteurs, est à la hauteur du défi. On relève surtout la prestation du jeune baryton polonais : Mariusz Kwiecien en Roi Roger.
Le problème de ce spectacle vient de la mise en scène. Certes, le Roi Roger tient plus de l’oratorio scénique que de l’opéra ; le livret n’est gère narratif et l’action est statique. Warlikowski tente malgré tout de donner un sens à la partition, avec un Roi Roger parvenu prisonnier de son mode de vie et de ses contradictions. Warlikowski nous ressort ses marottes : projections vidéos, ballets de vieillards, costumes « bling bling ». Certaines images restent incompréhensibles comme la dernière arrivée du berger en tenue de plage avec des enfants, tous revêtus d’un masque de Mickey….Attention, il ne s’agit pas de descendre ce travail ; c’est certes « original », pas incohérent mais juste gratuit. Bien évidement, ce dispositif scénique et tapageur provoque une véritable bronca du public…Qui en profite certainement pour marquer sa désapprobation vis-à-vis du mandat de Mortier. Certains étaient tellement venus pour se payer Gégé ou Warlikowski qu’ils couvrent de huées le pauvre chef de chœur…

Copyright : Ruth Walz/Opéra de Paris
Darius Milhaud par lui-même
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Trouvé en téléchargement sur itunes, Le Boeuf sur le toit et
La Création du Monde de Darius Milhaud par le compositeur à la tête de l’orchestre des Champs-Elysées. C’était un des premiers disques que j’avais emprunté à la médiathèque de Rueil-Malmaison quand j’étudiais la musique au CNR de cette ville, suite à une belle chronique lue dans Diapason.
L’oreille est frappée par le festival de couleurs françaises vertes et crues avec un orchestre qui semble improviser avec un festival de décalages et c’est passablement faux…
Historique mais amusant du débraillé des orchestres français d’alors…
La Grande Illusion
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Les éditions Larousse, via sa collection « A Dire vrai » dirigée par le bouillonnant polémiste Jacques Marseille, ont confié à Jean-Dominique Merchet la rédaction d’un ouvrage sur la défense européenne. Journaliste à Libération, éminent spécialiste des questions de défense, Jean-Dominique Merchet est « le pacha », l’animateur et l’auteur du blog secret défense, un des blogs dont je suis un fidèle et fervent lecteur.
L’auteur n’y va pas par quatre chemins, radicalement hostile à une défense européenne, il instruit à charge mais avec un souci de l’argumentaire qui fait (malheureusement) mouche tant il parvient à justifier cette jolie sortie verbale en matière de défense : « Les Américains font la cuisine, les Européens font la vaisselle ». Formule sévère mais juste qui montre l’incapacité des Européens à prendre leur sort en main d’une manière commune et supra-nationale.
Mais, le plus intéressant réside dans les premiers chapitres dédiés aux l’industrie de la défense. J-D Merchet montre comment, sous la pression des états commanditaires, des projets d’armements européens comme l’Eurofighter, l’A
400 M et le NH 90 sont devenus de véritables gouffres financiers…
Un bref extrait du livre :
“Les nations sont trop petites et elles doivent s’associer si elles veulent continuer à jouer dans la cour des grands. On connait l’antienne. Mais c’est faux. L’histoire récente de l’aéronautique militaire européenne est là pour le prouver. L’union ne fait pas toujours la force, et encore moins le succès. C’est l’histoire du combat entre le Rafale et l’Eurofighter. La France a fait le bon choix, celui de voler de ses propres ailes. Voici pourquoi. (…)
Deux avions ont bien été construits : le Rafale et l’Eurofighter par un consortium regroupant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Mais entre les deux, il n’y a pas photo, que ce soit sur les qualités de l’avion ou sur son prix. Tout franco-français qu’il soit, le Rafale remporte la partie. « D’un point de vue économique, le pari de faire baisser les coûts de l’Eurofighter grâce à la coopération a totalement échoué : tant le coût de construction du Rafale que son coût total (développement compris) sont inférieurs à ceux de l’avion européen », constatait par exemple en 2006 la journaliste économique Anne-Marie Rocco, dans l’hebdomadaire Challenges. Même un europhile convaincu, comme Jean-Dominique Giulani, président de la Fondation Robert Schuman, le reconnaît : « l’idée selon laquelle la coopération européenne réduirait les coûts des équipements militaires ne résiste pas toujours à l’épreuve des faits ». Un point de vue partagé par la plupart des spécialistes, qui s’accordent à penser qu’un Eurofighter coûte aux contribuables des pays concernés, au moins 1,5 fois plus cher qu’un Rafale pour le contribuable français. Les coûts de l’Eurofighter ont tellement explosé que, depuis 2003, le Ministry of Defence britannique ne les communiquent plus, officiellement « pour des raisons commerciales ». Quant au Rafale, selon un récent rapport du Sénat français (novembre 2008), le coût total du programme pour l’Etat est de 39,6 milliards d’euros, sur la base de 286 appareils. Plus de 135 millions d’euros par avion, si l’on intègre les coûts du développement, c’est cher, c’est horriblement cher pour le contribuable. Mais la facture aurait été de 50% supérieure si la France avait fait le choix de l’Europe! En faisant cavalier seul, on a donc économisé près de 20 milliards d’euros…
La coopération européenne ne réduit pas les coûts, bien au contraire. Selon la théorie économique, produire plus d’avions devrait faire baisser le prix unitaire de chaque appareil. Ce sont les « économies d’échelle », mais l’Europe a inventé une échelle qui fait grimper les prix. Selon le principe du « juste retour industriel », les pays participants exigent en effet que chacun d’entre eux reçoivent une part de travail proportionnelle à leurs commandes. (…)
Très critiqué, le choix de jouer en franco-français plutôt qu’en européen apparaît aujourd’hui comme le plus rationnel, tant sur le plan des finances publiques que sur celui des besoins militaires. On l’oublie souvent, mais la France n’est pas le seul pays européen à avoir agi de la sorte. La Suède, très soucieuse de son indépendance, a fait de même. La Suède, avec ses 10 millions d’habitants et son produit intérieur brut six fois inférieur à celui de la France, est l’un des rares pays au monde à avoir conservé une industrie aéronautique nationale. Depuis les années 1930, les Suédois construisent des avions de combat, comme les célèbres Saab Drakken, Viggen et désormais Gripen. Non seulement, la Suède produit des avions de guerre, mais elle réussit à en exporter (…). Ce que la petite Suède sait faire, et plutôt bien, il n’y avait aucune raison que la France – six fois plus grande – ne puisse le réussir, n’en déplaise à tous les idéologues qui estiment, une fois pour toutes, que la France est trop petite.
Ce que démontre l’exemple de la Suède, c’est que rien ne remplace la volonté politique. Le contre-exemple parfait est celui des Pays-Bas. Les deux pays sont comparables : une culture proche, une vieille tradition étatique, une population et une richesse voisines, avec même un léger avantage pour la Hollande. Sauf que La Haye a renoncé. Comme Saab en Suède, les Pays-Bas avait pourtant leur constructeur aéronautique national avec Fokker. Il a aujourd’hui disparu. Après la seconde guerre mondiale, les Pays-Bas, il est vrai beaucoup plus touchés que la Suède restée neutre, renonce à conserver une capacité nationale à construire des avions de combat, pour s’en remettre aux Britanniques, puis aux Américains”.
L’Opéra, que reste-t-il ?
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Mais le fond du problème me semble ailleurs. La véritable question reste : que faire de grosses institutions musicales comme l’opéra de Paris ? Soit, s’orienter vers l’esprit « festival permanent » avec des mises en scènes contemporaines et des relectures actuelles ou plutôt faire de ces institutions des maisons avec un large fond de répertoire de mises en scènes « passe partout » et sobres ? Le tout reste une question de sensibilité. Pour le public d’Allemagne, Belgique et Pays-Bas, la question ne se pose plus ; mais pour les esprits latins et anglo-saxons, le côté Eurotrash rebute encore…
Enfin, il faut tenir compte d’une variable incontournable. L’opéra, genre ultra-ruineux, est un domaine difficile à transcender. Réussir les trois côtés du triangle : distribution de haut vol, mise en scène de génie et direction musicale d’exception, cela reste un exploit. Pour fréquenter avec assiduité les fauteuils de Bruxelles, Anvers et Amsterdam et de certaines maisons en Allemagne et festivals internationaux, les spectacles géniaux et mémorables restent une exception, le ventre mou compose la majorité avec, trop souvent, de sérieux plantages. Même des festivals hyper-dotés et archi-prestigieux se prennent les pieds dans le tapis (Aix en est le meilleur exemple), il suffit de regarder le programme du Festival de Salzbourg 2009 pour s’en rendre compte…D’ailleurs, le taux de remplissage est loin d’être mirifique et des productions d’opéra de Mozart proposent encore des places dans presque toutes les catégories….du jamais vu !

Pour conclure, il est peut être temps (crise aidant), l’occasion de repenser l’opéra :décentralisation des productions (à ce titre la décentralisation des Noces de Figaro de Mozart à Nanterre était une réussite de Mortier sans lendemains mais il faut aller plus loin et suivre l’exemple du Teatro Real de Madrid qui présente certains spectacles sur un campus d’Université), travail pédagogique (pourquoi certaines œuvres contemporaines tous publics de Jonathan Dove comme son récent Pinocchio sont scandaleusement ignorées en France), renforcement des structures de type opéra-studio…que de continuer à engloutir des sommes vertigineuses pour des résultats mitigés, des budgets mirifiques et des prix des places qui dépassent l’indécence…
Mortier à Paris (2)
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Mais le but de ce texte est plutôt de parler du bilan artistique du directeur. Au long de ces 6 années, je me suis rendu à de nombreuses reprises à Paris et curieusement, j’ai assisté à beaucoup plus de spectacles que quand j’habitais à Paris même….Certes, j’ai sélectionné les titres et j’ai échappé à des plantages reconnus comme complets (les Verdi réglés par son vieux compère Gilbert Deflo). De tous les spectacles vus, deux me semblent être des réussites musicales et scéniques hors du commun : Tristan et Isolde de Wagner (Première mouture du printemps 2004 avec Salonen qui dirigeait Ben Heppner et Waltraud Meier dans la production de Peter Sellars et Bill Viola) et le Parsifal de 2008 (mise en scène Warlikowski, direction H.Haenchen). On retrouve ensuite de belles réussites : Amour des trois oranges, Petite Renarde rusée, Cardillac, Don Giovanni ; mais aussi un bon ventre mou que l’on oublie vite à cause de mises en scènes foireuses ou d’erreurs de castings musicaux majeures (Affaire Makropoulos, Elektra, Macbeth) et quelques ratages sérieux (Idomeneo, Rakes Progress) ou absolus (Fiancée vendue). Mais du moins, le choix des titres, même si l’impasse était honteusement faite sur certains compositeurs peu en grâce dans l’esprit de Mortier (Puccini), était loin d’être inintéressant avec une belle ouverture à l’Est de l’Europe et un certain nombre de titres français rares (Louise…)

Gégé aura aussi importé largement des anciennes productions de Salzbourg avec plus (Les Troyens, Katia Kabanova, Clémence de Titus) ou moins (De
La Maison des Morts) de talent et aussi repiqué quelques spectacles de l’ère Gall avec des réussites majeures (Rusalka de Dvorak, Damnation de Faust de Berlioz) que des plantages incroyables (Dame de Pique et Otello).
Grand défenseur des créations, Gégé n’aura eu qu’Yvonne Princesse de Bourgogne de notre compatriote Boesmans comme première mondiale d’importance. Côté musical, on pourra toujours reprocher à Mortier de ne pas avoir, sauf exception wagnérienne, des castings à la hauteur des œuvres, de la réputation de l’Opéra de Paris et surtout du prix des places. De même, en termes de chefs d’orchestre, après l’annonce d’une « dream team musicale » dans la fosse de l’Opéra de Paris, le public s’est vite retrouvé avec des seconds couteaux et des besogneux de la barre de mesure.

En tous cas, le bilan est certes mitigé, mais il est moins négatif que ne le laisse à penser l’esprit du moment qui se plait à tirer à boulets rouges sur le mandat de Mortier. Le mensuel Diapason instruit à charge, c’est bien trop réducteur et peu honorablement journalistique. A toutes celles et ceux qui citent l’ère Gall (le prédécesseur de Mortier), comme une sorte d’âge d’or, il ne faut pas oublier que malgré de grandes réussites (Lohengrin, Turandot, Capriccio), les spectacles de faible niveau furent très nombreux (on peut citer le souvenir douloureux des Falstaff et Don Giovanni mis en scène par D.Pitoiset, un Tristan et Isolde épouvantable réglé par S.Winge, et l’incroyable Attila de Verdi par J.Dayan, un plantage absolu…) et que les chefs d’orchestres invités à l’exception de quelques productions confiées à S.Ozawa et Armin Jordan et de très belles réussites wagnériennes du probe James Conlon, n’étaient pas non plus des modèles de génie musical.
Crédits photos : Opéra de Paris
Mortier à Paris (1)
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Ainsi donc, il quitte l’Opéra de Paris après 5 ans d’un long mandat qui aura suscité bien des débats et des commentaires acerbes.

Certes, le personnage, prisonnier de ses conceptions, radote et n’a pas son pareil pour provoquer la presse locale et le public réduits à l’état d’ignares incultes incapables de reconnaître l’incroyable génie de son œuvre progressiste et moderne. Certes, l’égo démesuré du personnage et ses méthodes usées jusqu’à la corde, le rendent gère sympathique, mais à l’heure ou Gégé présente au public parisien sa dernière production (Le Roi Roger de Szymanowski que nous verrons dimanche prochain), nous allons nous risquer à quelques réflexions en guise de bilan.

Au fond, Mortier s’est trouvé fort déconfit à la tête d’une gigantesque institution (au niveau du budget et du personnel) comme l’Opéra de Paris avec ses traditions autant scéniques que syndicales. Si globalement, le règne de Mortier n’aura pas été marqué par trop de grèves, c’est que le Belge a beaucoup cédé devant les puissants syndicats de
la Grande boutique. Du côté des aspects forts négatifs du règne de Mortier on pointe : une augmentation drastique du prix des places, une restriction très sévère des conditions d’abonnements, le tout n’étant gère compensé par quelques miettes « démocratisantes » comme la création de places à 5 euros au fond du parterre de Bastille. Enfin, une communication hasardeuse et souvent mensongère aura sérieusement entamée le crédit de Gégé auprès des professionnels et du public.

Téléchargements en provenance des USA
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À la suite de Daphnis et Chloé par B.Haitink et l’Orchestre de Chicago, un autre Daphnis, nous arrive en provenance d’un autre orchestre étasunien : celui de Boston. Il s’agit (sauf erreur de notre part), du quatrième enregistrement de cette œuvre par l’orchestre, après ceux de Munch, Ozawa et Haitink. Exploit total, car toutes ces galettes sont des références ! Et nouvelle référence avec cet enregistrement qui est un festival de timbres et de sortilèges ravéliens. Avec cette publication, le Boston Symphony lance son propre label. Nous signalons qu’un Requiem allemand de Brahms est publié simultanément.
Autre téléchargement, l’Oiseau de Feu de Stravinsky par Esa-Pekka Salonen et le Los Angeles Philharmonic (DGG). On descend de plusieurs marches. Certes, Salonen est un chef ultra précis et l’orchestre rodé à la perfection, mais là encore, l’interprétation souffre des défauts du Salonen actuel : c’est cinglant, glacial et distancé ; donc cela s’avère peu narratif et sensuel…

Pause de blog en musique !
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Quelques petites perturbations techniques d’Internet à domicile m’éloignent quelque peu du blog. Un disque à signaler pour ce week-end : Daphnis et Chloé de Ravel par Bernard Haitink avec l’Orchestre de Chicago.

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Alors que le Holland Festival bat son plein (la ville est couverte d’affiches), le Nederlandse Opera a décidé de remonter sa production de la rare Affaire Makropoulos de Janacek dans une mise en scène d’Ivo van Hove (production créée en 2002)
Moins facile et moins universelle que les Jenufa, Katia Kabanova et autres Petite renarde rusée ou De la maison des morts, l’Affaire Makropoulos est pourtant un chef d’œuvre tant par la beauté de sa musique que la caractérisation des personnages. L’acte III est ainsi un sommet absolu de l’œuvre de Janacek.
La réussite de cette production est aussi musicale que scénique. Dans la fosse, le jeune Yannick-Nezet Seguin est à son affaire, faisant de l’orchestre un véritable acteur de l’action toujours à l’écoute des chanteurs. Dans une partition aussi difficile techniquement, l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam est parfait par son engagement et la richesse de ses timbres. Je n’avais jamais vu le chef canadien, mais il est assurément une personnalité charismatique et un très grand chef en devenir.

La distribution, de haut vol, est menée par Cheryl Baker et comporte quelques belles personnalités vocales connues (François le Roux, Graham Clark, Dale Duesing) et moins connues (Guy de Mey, Raymond Very).
Côté mise en scène, la production intemporelle d’Ivo van Hove resserre l’action au maximum mais avec des éléments simples mais efficaces de suggestion de la fuite du temps.