Idomeneo par René Jacobs
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Un bref message pour signaler la parution d’Idomeneo de Mozart sous la conduite de René Jacobs (Harmonia Mundi).
Jean Michel Damase…du coeur au cor…
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Le label australien Melba nous propose un disque avec deux de ses pièces pour cor et orchestre : la Rhapsodie pour cor et orchestre et le Concerto pour cor et orchestre. Le corniste Ben Jacks est accompagné par un orchestre australien dirigé par Barry Tuckwell, l’une des grandes légendes de l’instrument et créateur de la Rhapsodie.

On jette aussi un œil amusé sur la pochette de présentation qui donne une vision toute ironique (du moins on espère !) d’un certain « esprit français » tel qu’il est envisagé chez nos amis des antipodes.
Le rang 15
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Par ce Week end liégeois qui sera mis sous l’accent de Beethoven, un lien vers un article qui traite de musique par la face protocolaire :
Beethoven, l’Empereur
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Cette semaine, l’Orchestre Philharmonique de Liège joue l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven avec en soliste Robert Levin. Ce soir R.Levin, P.Rophé et l’OPL jouent, à Bruxelles, les concertos n°3 et n°5 « l’Empereur » . L’occasion de revenir en particulier sur une version que je trouve exceptionnelle et qui trône aux sommets de ma discographie de l’œuvre : l’enregistrement en concert de Frierdich Gulda et George Szell à la tête du Philharmonique de Vienne (1966).

Rencontre des extrêmes entre un virtuose dans la force de l’âge (36 ans) et un chef irascible de 69 ans (qui d’ailleurs était fort peu aimé du Philharmonique de Vienne à cause de son caractère difficile). Il n’empêche, le résultat est grandiose par l’intensité de l’engagement des deux artistes, le côté naturel du dialogue piano/orchestre, la fluidité du jeu du pianiste, font de cette captation un disque majeur de la discographie.
Le Label Andante en avait édité une captation vidéo et CD lors de ses années rayonnantes…
On doit également à George Szell d’autres grandioses accompagnements des concertos de Beethoven. Outre sa version officielle avec le jeune Leon Fleisher (Sony), il faut chercher un concerto n°3 avec Emil Gilels et la Philharmonie de Vienne (Orfeo). D’autres témoignages live existent aussi avec Rudolf Firkusny (n°3) et Nikita Magaloff (n°5) et Clifford Curzon (n°4 et n°5). Toutes ces versions sont captées au festival de Salzbourg et éditées chez Orfeo ou Andante.
Le roi s’enfuit…..vive le roi ?
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Né en 1945, Timothy Tackett est l’auteur du passionnant : Par la volonté du Peuple : comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires. (Albin Michel). Les éditions « La Découverte » ressortent en « semi poche » son Le Roi s’enfuit. Varennes et l’origine de la terreur.
T.Tackett travaille dans une optique « évolutionniste » de la Terreur. C’est-à-dire qu’il considère la terreur comme une conséquence des évènements de la Révolution par opposition à ceux qui les considèrent comme inhérents à la nature de la société française d’alors et donc inéluctables dès 1789…
Donc ce petit livre ne dénote pas à cette optique. Tackett montre que la fuite du roi en juin 1791 est un tournant déterminant dans cette progression vers les crimes de masse de la Terreur. Au-delà de cette thèse, l’intérêt de ce livre réside dans son analyse en 3 parties : les évènements de la fuite et de l’arrestation du roi, ses conséquences sur la situation politique de la France et pour finir une analyse de cet évènement dans le cadre de la Révolution.

Fauré la phase concertante
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Le Label Timpani édite un beau disque dédié aux œuvres concertantes de Fauré que ce soient des pièces originales, orchestrées, célèbres ou moins célèbres….
L’orchestre de Bretagne, en dépit de ses limites techniques, est dirigé avec probité par l’un de ses chefs Moshe Atzmon. Il accompagne une belle brochette de solistes français : Jean Marc Philips, Henri Demarquette, Juliette Hurel et Jérôme Ducros.

Pour une fois que les orchestres français enregistrent de la musique française….
Lucia à La Monnaie
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On n’attend pas grand chose de certains spectacles et pourtant….C’est dans cet esprit que nous nous rendions à la représentation dominicale de Lucia di Lammermoor au Cirque royal de Bruxelles. Une œuvre qui ne compte pas parmi mes préférées (même si c’est un chef d’œuvre indiscutable), un metteur en scène capable du meilleur comme du pire (Guy Joosten), un chef que l’on a souvent connu très peu inspiré (Julian Reynolds) mais une distribution qui comportait des valeurs sures…
Et pourtant, force est de constater que ce spectacle est une réussite scénique totale et s’avère d’un niveau et d’une force dramatique qui n’arrive que trop rarement. L’idée de Guy Joosten est de placer l’action au centre du vaste dispositif circulaire central du Cirque royal et de placer l’orchestre à l’arrière plan.

Dès lors, l’espace scénique trouve une proximité avec le public qui renforce la force de cette partition. La mise en scène est sobre mais véritablement juste, très respectueuse de l’œuvre et du livret. Les effets sont simples, mais forts : quand Raimondo annonce la mort de Lord Bucklaw, les convives sont horrifiés mais Enrico continue seul et impassible de déguster le festin…L’exploit scénique est aussi de tirer magistralement parti de l’espace très ingrat du Cirque royal (qui comme son nom l’indique est à l’origine un bâtiment destiné à abriter le seul cirque permanent de Bruxelles qui reste une salle de music hall destinée à la variété).
Cette scénographie est tout aussi forte dans sa globalité que dans des petits détails comme Lord Bucklaw qui ne pense qu’à chaparder une bouteille de champagne quand Edgardo menace de tuer tout le monde. La légère actualisation dans une esthétique plutôt « belle époque » fonctionne bien, les décors et accessoires accentuent le côté « Grandes familles » de cette Ecosse aristocratique et les lumières s’avèrent suggestives.
Côté musique, le seul reproche à faire est le déplacement lointain de l’orchestre qui le fait sonner de manière étriquée et peu nuancée. Dès lors difficile de juger la direction de Julian Reynolds à la tête d’un Orchestre de La Monnaie qui possède pourtant de belles couleurs dans cette musique.

La distribution « A » présentée cette matinée (il paraît que le cast « B » casse la baraque) ne démérite pas. Même si individuellement aucun de ces chanteurs n’arrive à rivaliser avec les titulaires légendaires de ces rôles, la cohésion de la distribution et la solidité technique et musicale de ces artistes emportent l’adhésion. On peut donc mentionner Elena Mosuc en Lucia, John Osborn (Edgardo), Angelo Veccia (Lord Ashton), Jean François Borras (Lord Bucklaw).
Donc un spectacle hautement réussi, simple, beau mais émouvant et touchant qui séduit autant le connaisseur que le néophyte et plait à toutes les générations. Au fond de l’opéra comme cela devrait être plus souvent : du rêve et de l’émotion.
Crédits photographiques : Hermann & Clärchen Baus
Asger Jorn, les dessins.
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Le Centre Pompidou dissimule des trésors. Bien cachée et moins courue que les expositions médiatiques du moment Kandinsky (sublime mais c’est Kandinsky) et Calder (impossible à visiter dans de bonnes conditions…), on trouve une exposition des dessins d’Asger Jorn, présentation exceptionnelle en provenance du musée danois de Silkeborg (qui possède une collection de 500 dessins de l’artiste) qui justifiait notre visite.

Théoricien du groupe Cobra et peintre de renom, Jorn ( 1914/1973) s’est beaucoup concentré sur le dessin. La centaine regroupée constitue un émerveillement de tous les instants.
Né avec les troubles de 1914, Jorn étudie avec Léger avant de collaborer avec Le Corbusier pour le pavillon des Temps nouveaux de l’Exposition universelle de 1937. Résistant engagé à gauche pendant l’Occupation nazie du Danemark, Jorn retourne en France en 1947, et participe à la fondation du groupe Cobra. Tout en restant basé en France dans les années 1950/60, il voyage à travers l’Europe, collaborant avec des artistes de tous les horizons. Avant gardiste de tous les instants, il s’engage dans différents mouvements dont l’Internationale situationniste.

Revenons à ces dessins, la force du geste, l’exploration des frontières de l’abstraction, la richesse des couleurs et des nombreux échos (Dali, Kandinsky, Appel, Ernst…), les citations d’Art brut font de cette œuvre un ravissement total que l’on prend plaisir à contempler autant pour la forme que pour le fond. Situés quelque parts entre l’abstraction, l’expressionnisme abstrait, le surréalisme et l’art différencié, ces dessins ont quelques choses de fascinant tout en restant toujours simples…La marque des grands…
C’est à voir jusqu’au 11 mai.
Illustrations : Sans titre, 1956 (en haut), La fleur du mal, 1946 (en bas).
Macbeth à Paris
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Mais pour commencer, tapons sur le chef ! On attendait Teodor Currentzis, et on se retrouve avec son assistant Petr Belyakin. Sa position fort surélevée dans la fosse permet de profiter du spectacle : ce chef brasse de l’air avec un volontarisme qui tient de la performance (de l’exploit même) physique. On se demande ce que les musiciens de l’orchestre et les chanteurs comprennent à ces gesticulations brutales et si peu précises…Dès lors, l’acte I fut un festival de décalages, de problèmes de balance et d’orchestre livré à lui-même…Fort heureusement le spectacle est assez rôdé et les musiciens assez pros pour enclencher le pilote automatique… Acte II et III passables donc. Cela ne s’est amélioré de manière convenablement satisfaisante qu’au dernier acte avec, enfin, une tension et une musicalité, alors que l’orchestre offrait des couleurs magnifiques. Un nom que l’on ne retient pas…

La mise en scène fonctionne très bien et s’avère assez prenante. L’action est transposée dans une ville moyenne ou Macbeth et son épouse sont des petits hobereaux locaux, parvenus sans charismes tels que la Russie post soviétique en a connu des masses. Pas de forets, pas de sorcières, pas d’armures mais l’action évolue entre une place de village froide et une villa faussement bourgeoise. Certaines images sont assez faciles : Banco assassiné parmi la foule, les réfugiés « guerre dans le Caucase » de l’acte IV….Mais ce travail a un sens, s’avère théâtralement bien réglé et à le mérite de proposer une interprétation intéressante. La scène finale, avec sa mise à sac, de la villa des Macbeth, est même très forte.
Côté distribution, on passe rapidement sur un F.Furlanetto (Banco) de plus en plus engorgé et instable pour s’attarder sur la Lady Macbeth de V.Urmana. Peu médiatisée, cette artiste n’en reste pas moins une valeur sure de la scène verdienne (et même wagnérienne). Le timbre et la puissance vocale remplissent parfaitement le redoutable cahier des charges du rôle. Même si évidement, Urmana ne parvient pas à éclipser les gloires du passé, elle s’impose comme une des meilleures titulaires actuelles d‘un rôle redoutable. Remplaçant Carlos Alvarez qui a déclaré forfait il y a plusieurs mois, le baryton grec Dimitri Tiliakos assure assez bien le rôle de Macbeth. On a bien sur entendu des timbres plus lumineux et mordants, mais en terme de musicalité et de projection, il passe la rampe. Excellent, S.Secco en Macduff pour terminer.

Mention spéciale « goujaterie » à l’unanimité du jury pour le public parisien qui a encore montré toute l’étendue de ses inépuisables ressources : toux intempestives, sonneries de montres et de gsms, commentaires à voix hautes pendant la représentation « elle chante bien » ou « je comprends rien » sans oublier les arrivées tardives, les sacs plastiques qui tombent (le vestiaire n’est hélas pas obligatoire à Paris) et les déplacements de certains qui ont repéré de meilleures places…
Donc un spectacle de grand intérêt, plutôt bien chanté, et mal dirigé…Prochaine étape parisienne : le Roi Roger de Szymanovski en juin, dernière production de Mortier…Ce qui sera aussi l’occasion de faire quelques commentaires sur les 5 années du Gantois à la tête de l’Opéra de Paris.
Crédits : Ruth Waltz/Opéra de Paris
Gezeiten à La Monnaie
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L’Allemande Sasha Waltz (née en 1963) est très en vue à La Monnaie. Après son décevant travail sur Didon et Enée de Purcell, l’année dernière et avant Médée de Dusapin la saison prochaine et en attendant Carmen ultérieurement….La Chorégraphe revient avec un spectacle de danse Gezeiten (Marée) créé en 2005 à Berlin.
Tout commence très bien par une séquence classique mais assez époustouflante sur fond de musique de Bach (Suites pour violoncelle jouées en direct par un instrumentiste au son enrhumé et terne). C’est lent, ondulant mais, la rigueur de la construction et la virtuosité des 16 danseurs font mouche. Tout se complique rapidement pour évoluer vers une déconstruction post nucléaire. La rigueur du début fait place à un feu d’artifices d’effets. Les corps des danseurs, travaillés par une série de catastrophes, deviennent torturés. Le décor lui aussi subit les dommages de cette furie qui envahie de le plateau.
C’est loin d’être inintéressant, c’est souvent brillant et drôle mais trop souvent aussi volontairement gratuit et plus proche du happening théâtral que du spectacle de danse. C’est aussi assez long : 1h45 sans pause. Une production digne d’intérêt tout de même…
Crédits photograhiques : PP Hofmann