2008 et la musique
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1. Les concerts
Si l’on devait décerner un titre d’orchestre de l’année, on peut l’attribuer sans réserve au LSO. Quoi qu’en disent certains, le London Symphony Orchestra reste l’un des meilleurs orchestres mondiaux avec une pâte sonore « LSO » immédiatement reconnaissable : un son puissant et tranchant avec des teintes plutôt mates, c’est une question de goûts certes, mais j’adore… Formidable par son niveau technique et sa capacité à répondre aux moindres attentes des chefs, le LSO a fait, à 6 reprises, notre bonheur sous la direction de Gergiev et de Boulez avec, en prime, un concert Stravinsky/Tchaikowski, phénoménal à Madrid. Adulé du public et de la presse, notre « découverte de l’année » (en live) est le jeune Gustano Dudamel. Il est sidérant de voir à quel point ce musicien est « chef d’orchestre » et se montre capable des moindres inflexions du discours à la manière des jeunes Maazel et Bernstein…Le tout à la tête d’un orchestre connu des discophiles mais peu du grand public absolument sublime : l’Orchestre symphonique de Göteborg. On est donc très heureux de pouvoir l’entendre au printemps prochain près de chez nous.
2. L’Opéra
Pas grand chose sous le soleil car à force de voir des productions, on en devient trop exigeant…On fut donc plus déçu, voir très déçu que franchement séduit au cours de cette année lyrique. Deux productions sortent quand même du lot : Parsifal à l’Opéra de Paris et Les Maitres chanteurs de Nuremberg à Bayreuth. La première pour son niveau scénique et musical et l’autre pour sa mise en scène décapante (par contre la récente édition en DVD est un « foutage de gueule total », on y reviendra). Pour le reste on retient ça et là un chanteur (Werner van Mechelen en Wozzeck), une mise en scène (Turandot par Robert Carsen) mais trop de spectacles peuvent se battre pour le prix « Citron » de l’année.
3. Les disques et DVD.
Du côté des disques et des DVD, c’est comme toujours l’avalanche. Les intégrales en cours tiennent leurs promesses : Beethoven par Paavo Jarvi (RCA), Mahler par David Zinmann (RCA), Beethoven par Osmo Vanskä (BIS), Schumann par T.Dausgaard (BIS). L’indispensable de l’année c’est bien sur l’intégrale des Choros de Villa Lobos en cours d’enregistrement par John Neschling et son orchestre de Sao Paulo (Bis). Du côté des rééditions, Karajan en gros coffret EMI et en live à Salzbourg (Orfeo), Bernstein par Bernstein (Sony), tout le Grieg symphonique (Bis). Pour les DVD, on retient l’exceptionnel Rakes Progress de Stravinsky (Opus Arte), Doctor Atomic de John Adams (Opus Arte aussi) et le documentaire sur les musiques soviétiques « Notes Interdites » chez Ideale Audience. En complément de ce coffret, on peut toujours jeter une oreille sur un DVD de concert de G.Rozhdestvensky à la BBC avec une grandiose symphonie n°4 de Chosta (Ideale Audience). Il est quand même curieux de constater qu’en terme de qualité éditoriale (présentation, bonus), Opus Arte ridiculise encore ses concurrents. Comment accepter de payer près de 30 euros pour un DVD d’opéra ou de concert sans le moindre complément….Certaines logiques nous échappent encore…
Au revoir…..Falstaff.
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Après l’ORW et La Monnaie c’est au tour du Vlaamse Opera d’Anvers et Gand de changer de directeur à l’orée de cette nouvelle année. Une grosse page se tourne car Marc Clémeur était en poste depuis 1990 ce qui, en ces années 2000, reste un exploit à des postes ou le turn over s’avère assez important….
Avec des moyens relativement modestes et dans un contexte budgétaire serré, Marc Clemeur aura réussi à marquer le VLOS comme une maison d’opéra qui compte et ou on se rendait toujours avec grand plaisir.
Fin connaisseur des voix et porté sur l’innovation en matière de mise en scène, l’intendant flamand aura réussi quelques beaux coups de maître : les cycles Janacek et Puccini sous la houlette de Robert Carsen (devenus des classiques et repris à travers le monde), la venue de Sylvio Varviso comme chef invité privilégié, le Ring du XXIeme siècle confié à l’étonnant Ivo Va Hove. Certes, les échecs furent aussi présents comme le rapide départ du chef Massimo Zanetti et le terne mandat d’Ivan Torsz à la tête de l’orchestre. En terme de répertoire, Clemeur aura eu pour ligne directrice l’exploration des classiques mais aussi une forte présence du répertoire contemporain à travers des créations mondiales (inoubliable Richard III de Battistelli) ou des créations belges comme Le Grand Macabre de Ligeti, King Priam de Tipett ou encore Flight de Jonathan Dove et même de l’opéra français avec Ariane et Barbe Bleue de Dukas…
Pour terminer sur un ton joyeux son mandat, le directeur proposait un Falstaff très Expo 58, dont on retient essentiellement la direction virtuose en enflammée de l’excellent Enrique Mazzola.
Hänsel et Gretel à Cologne
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Les fêtes dans les opéras germanophones proposent traditionnellement le choix entre : la Chauve Souris pour les grands et Hänsel et Gretel pour les petits. Le chef d’œuvre d’Engelbert Humperdinck fait toujours son effet avec son orchestration luxuriante alors que l’histoire permet aux scénographes de jouer la carte du déjanté. Fief tout compte fait relativement « conservateur » par rapport à d’autres maisons lyriques allemandes, l’opéra de Cologne a confié la mise en scène à l’expérimenté Jürgen Rose qui nous sert une production sympathique, poétique et astucieuse avec en prime des ballets de sorcières en patins à roulette. Dans la fosse et pour les deux représentations de ce vendredi, l’orchestre du Gurzenich retrouvait son directeur musical : Markus Stenz. Le chef dirige assez vite et impose du rythme bien que l’orchestre, visiblement en formation « C » (ah la sonorité râpeuse de l’alto solo…), restait trop sur la défensive. Composée de troupiers locaux, à l’exception du très usé Bernd Weikl, la distribution était de très bon niveau témoignant encore de la richesse vocale des opéras qui possèdent encore des troupes.

Villa Lobos pour les jours de fêtes
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En ce Noel plutôt frisquet, on peut mettre sur sa platine le dernier volume de l’intégrale des Choros pour orchestre de Villa Lobos sous la conduite de John Neschling et de son orchestre de Sao Paulo, l’une des meilleures phalanges au sud de l’équateur. Compositeur prolifique, l’Indien blanc est à son meilleur dans ces pages luxuriantes à la fois évocatrices, barbares mais raffinées.
Emile Zola et Paris
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Les éditions Hazan offrent un plantureux ouvrage consacré à Zola et Paris. Connaisseur intime de Paris, l’homme de lettres fait de la capitale la toile de fond de son œuvre. Découpé en dix chapitres thématiques et introduit avec un louable sens de la synthèse, ce livre vaut essentiellement pour sa très très riche iconographie. On retrouve certes les grands noms : Manet, Renoir et Caillebotte, mais aussi Steinlen, Marville, Atget et surtout Jean Béraud sublime peintre du Paris bourgeois et mondain de cette fin de XIXe siècle.
Henri Mitterand, le Paris de Zola, Hazan
Béjart..et les goujats….
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Pour cette fin d’année, l’Opéra de Paris fait le plein avec un spectacle 100% Béjart, hommage mérité à ce chorégraphe qui fit tant pour
la Grande boutique. Le programme ne reprend que des tubes du grand homme : Serait-ce la mort sur les 04 derniers lieder de Strauss (mal chantés et mal dirigés…), l’Oiseau de feu et le légendaire Sacre du Printemps. La virtuosité du corps du corps de ballet de l’opéra de ballet fait de ces chorégraphies des moments de très haut niveau en dépit d’un orchestre peu concerné et dirigé au mètre (comme souvent en cas de ballet…). Au final, seul Serait-ce la mort, en dépit de portées toujours magistrales, fait un peu son âge, la Sacre et surtout l’Oiseau font leur effet…
Une petite vidéo vers deux extraits du Sacre :
http://www.operadeparis.fr/Saison-2008-2009/Bonus.asp?Id=775&IdS=538
Mention spéciale « goujaterie » pour le public de cette matinée : arrivées tardives, sonneries de montres et surtout festival de toux qui transforma les 04 derniers lieder en une sorte de happening post moderne pour tousseurs spatialisés, orchestre et chanteuse…..On ne peut que rendre hommage aux stoïcisme des danseurs et musiciens…
Détail amusant, la seule version discographique du Sacre en vente à la boutique de Bastille est celle de…Sylvain Cambreling…
un dvd…pour cette semaine
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L’architecture belge : Henry Lacoste
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Après de longues années d’attente, la première étude sur l’architecte Henry Lacose vient d’être publiée par les éditions des Archives d’Architecture Moderne de Bruxelles. Henry Lacoste (1885/1968), à défaut d’être connu du grand public reste l’une des figures les plus attachantes de l’architecture belge. J’avais découvert son œuvre lors de mes recherches sur la commune bruxelloise de Laeken à travers l’une de ses réalisations majeures : l’institut de recherches médicales Reine Elisabeth situé avenue Crocq à Laeken à côté de l’hopital Brugmann construit par…Horta…
Passionné d’histoire, d’archéologie et grand défenseur des arts « Premiers » comme on dit de nos jours, Henry Lacoste a réalisé aux frontières de l’Art déco et du modernisme, une œuvre singulière, inclassable mais géniale. Refusant la rupture radicale de l’avant garde, cet architecte a puisé dans le passé les éléments d’une modernité en phase avec son époque : il est un des pionniers de l’introduction du béton armé dans l’architecture religieuse. Professeur infatigable, il fut avec Henry van de Velde et Victor Horta, une figure recherchée de l’enseignement et de la réflexion autour de l’architecte avec toujours une analyse profonde et argumentée qui refusait la catégorisation.
Cet ouvrage publié par Eric Hennaut et Liliane Liesens est richement illustré et solidement structuré…
Bruckner par Abendroth
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Un disque disponible chez Berlin Classics
Un lien vers un portrait du chef que j’avais rédigé :
Haine ?
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A toutes celles et ceux qui critiquent vertement et sans aucunes nuances l’institution scolaire (la section “commentaires” de cet article est proprement affligeante sur le degré de perception des 9/10 des intervenants), il me semble important de rappeler que si les professeurs se battent pour une école de qualité, c’est par respect pour les élèves et par passion du métier car la gratitude financière et hiérarchique n’existe absolument pas et que les professeurs (et je peux en témoigner) doivent trop souvent affronter des conditions de travail misérables de misérables : absence de chauffage, absence de matériel de type…rétroprojecteur (on parle même pas d’un projecteur…, ni même d’une télévision…ni même d’un lecteur DVD car je venais avec le mien, sa télécommande, sa prise Peritel et une rallonge… ) , état déplorable des « locaux ».
Cela semble irréel au regard du montant absorbé par l’enseignement en Communauté française de Belgique, mais c’est pourtant la navrante réalité et le quotidien de nombre de mes anciens collègues
Je me demande pourquoi on en est arrivé à un tel degré de haine envers un métier qui n’a d’autres ambitions que de former les générations futures, à une époque ou’ l’autorité de l’école est détruite autant par les parents et les entreprises ? Le tout dans un contexte qui voit un affaiblissement des exigences…Je n’oublierais jamais quand, alors jeune débutant, un inspecteur présent à une journée de formation n’avait pas hésité à affirmer « ce qu’il faut faire étudier aux jeunes c’est la star Academy, pas Racine… » . Quelle sidérante démagogie qui voit de plus en plus le professeur réduit à l’état « d’animateur sympathique et tendance » d’un groupe en débat ou la question des savoirs est devenue bien secondaire par rapport à « l’intérêt » ludique d’un cours transformé en séance de jeu… Si l’on suit ce raisonnement, pourquoi entretenir des musées avec des tableaux complètements ringards et aussi jouer de l’opéra ou des symphonies… Cela ne veut bien sur pas dire qu’il ne faut pas réfléchir à la place de l’école et aux contenus des savoirs…Mais qu’on cesse de se tromper de cible, chercher à rabaisser une institution avec laquelle tout le monde à un compte à régler car à force de se tromper de cible on va en arriver à un cataclysme absolu qui se manifeste déjà par les incroyables taux d’échec en première année des études supérieures…
Enfin, aux nombreux partisans de la réforme à tous prix qui doit mettre aux pas les archéo communistes qui peuplent les salles des professeurs, on peut leur rétorquer que l’école est en constante réforme depuis plus de 30 ans pour répondre à la massification des études, mais que personne n’a pu trouver la solution idéale….
Car l’école avant d’être un nid de dangereux gauchistes revanchards et coupés des réalités, elle est le reflet de la société…de ses blocages sociaux…et de ses hypocrisies inavouables…Et ce n’est pas 1, 10, 100 ou 1000 professeurs devant des élèves qui peuvent avoir, à eux seuls, des solutions autres qu’un emplâtre sur une jambe de bois….