La bataille de Moscou

Les Editions de Fallois proposent une traduction de l’ouvrage du journaliste Andrew Nagorski.
 
Moins connue que les batailles de Stalingrad, Leningrad et Koursk (la plus grande bataille de blindés de l’Histoire), la bataille de Moscou (1941-1942) est pourtant un moment majeur de la Seconde guerre mondiale car, pour la première fois, les forces allemandes sont mises en échec. Par l’exploitation de sources de premier plan, Andrew Nagorski met en avant les incroyables bévues tant de Staline que d’Hitler qui se sont traduites par un massacre humain absolument effarant.


Sur 7 millions de soldats engagés, 2.5 sont morts, gravement blessés ou disparus…. Le récit est précis et rédigé avec talent, on dévore donc cet ouvrage….

Sur le front Est, on peut également lire ce précieux livre : Le Grand jeu de dupe, de Gabriel Gorodetsky sur les préparatifs de l’opération Barberousse et l’attitude de l’URSS.

Beethoven : symphonie n°5

La très belle interprétation donnée hier par Pascal Rophé et l’Orchestre Philharmonique de Liège au Palais des Beaux Arts de Bruxelles donne envie de se replonger dans la discographie de l’oeuvre. La séance “d’Ecouter la musique” organisée par Jean Pierre Rousseau à la Salle philharmonique de Liège a consacré l’exceptionnel enregistrement de Sir Charles Mackerras avec l’Orchestre de Liverpool (EMI).
http://bestofclassic.skynetblogs.be/post/6282295/beethoven-mackerras

Du côté des “jeunes intégrales” on peut jeter une oreille sur Paavo Jarvi et ses philharmonistes de chambre de Brême avec un travail au microscope sur le moindre détail de la partition (RCA) 

Mais j’ai toujours eu une préférence pour le disque de G.Szell avec l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam : la vision du chef rejoint ici un orchestre ultra virtuose (Philips). 

 

Terje Isungset : option grand froid

Certains musiciens sont si atypiques qu’ils échappent à toute catégorisation ou tout classement inopiné et c’est tant mieux.

 

C’est ainsi le cas de Terje Isungset percussionniste norvégien, créateur d’une musique à la frontière du Jazz, des musiques traditionnelles, de l’avant garde…Après 2O d’expériences en tous genres, cet homme à encore du ressort et n’hésite pas à jouer sur tout, absolument tout et même sur de la glace….

 

Ne comptez pas sur ses pochettes de disque pour vous renseigner sur cet homme. Elles sont minimales et elles ont même tendance à faire peur…

 

Le MySpace du héros :

http://www.myspace.com/terjeisungset

James Bond, mythique

Les éditions Autrement éditent un petit livre consacré à James Bond alors que s’annonce un nouvel opus de la série. Ce beau format, bien mis et illustré a, à vue d’oeil, tout pour séduire. Pourtant, en dépit de l’érudition universitaire de ses auteurs, ce livre peine à décoller au delà des lieux communs. Pour une analyse sans concession de James Bond et du modèle anglais, retour à James Bond, l’homme qui sauva l’Angleterre de Simon Winder dont nous parlions il y a peu. 

 

Jeff Koons, l’Art officiel même en France

On savait Jeff Koons vénéré des milliardaires en mal de reconnaissance, désormais, il peut aussi devenir l’artiste officiel de Versailles…

Le Canard enchaîné de ce mercredi 24 septembre 2008, se fait l’écho d’une triste attitude. Pris au cœur de la controverse de la dégoulinante exposition Jeff Koons, le directeur du « développement culturel » du château de Versailles s’est fendu d’une mise au point à destination des guides interprètes professionnels. Il recommande à ces derniers de s’abstenir de faire des commentaires négatifs sur le « travail » de Jeff Koons sous peine de sanctions…car cette présentation s’inscrit « dans la nécessaire ouverture du plus beau patrimoine de la France aux expressions de l’art d’aujourd’hui »…comme « en d‘autre temps, Chagall au Palais Garnier »…

L’art du côté des petits maîtres ? Maximilien Luce

Un des phénomènes marquants de ces dernières années (tant en musique qu’en art) est de remettre aux premiers plans des artistes considérés il y a peu comme des seconds couteaux…

 

Tel est le cas de Maximilien Luce peintre dont on célèbre les 150 ans de sa naissance et qui se voit offrir une exposition au musée de l’Annonciade à Saint Tropez. Consacration pour un peintre encore qualifié, il y a peu, d’épigone sans personnalité.


Luce est né, en 1858, dans un milieu ouvrier du Montparnasse. Il se familiarise avec le pointillisme de Seurat avant de trouver sa propre voix avec ce style si particulier. En empathie avec le monde du travail, il peint l’homme laborieux de cette fin du XIXe siècle avec, en particulier, les travailleurs du Sillon Industriel de Wallonie. Ces thèmes trouvent un écho chez cet anarchiste. Pendant la première guerre mondiale,  fortement pacifiste, il dénonce, dans ses toiles, les violences.

 

Il meurt en 1941.

 

Pour découvrir ce peintre, on peut signaler un très beau livre, publié à l’occasion d’une exposition au Musée de l’Hôtel Dieu de Mantes-la-Jolie, musée qui comporte un important legs M.Luce.

Ubu Rex de Penderecki

 

Grand symphoniste, Krzysztof Penderecki  est également un grand compositeur d’opéra. Donné en première mondiale en 1991 à Munich son Ubu Rex est une grande messe post moderne des plus savoureuses. Fruit d’une gestation des plus épiques, Ubu Rex fut en entamé en 1972 alors que l’idée de composer quelque chose sur cette pièce mythique remonte au début des années 1960. Les tribulations du compositeurs furent houleuses avec, entre autre, une campagne de dénigrement lors des heures du sombre régime communiste. En effet, Ubu de Jarry était jugé trop anti polonais par la franche nationaliste du la dicature…

 

En deux actes, cet opéra buffa passe, sans ménagement, au crible l’Histoire de la musique et l’amateur peut ainsi retrouver des hommages à toutes les grandes figures de Haendel à Stravinsky…L’humour et l’esprit potache sont très présents avec une cantilène jouée sur une scie….

 

Des commentateurs ont épilogué sur l’absence de personnalité de l’ouvrage que semble virer à l’exercice de style d’un surdoué de la composition…Pourtant cette partition garde son impact direct et sa force d’une structure dramaturgique ultra efficace.

 

 

Le seul enregistrement de la pièce est à mettre au crédit du théâtre national polonais en collaboration avec le label (polonais Accord). C’est très dur à trouver mais on passe un grand moment de musique.    

 

Demain, retour à l’art…

 

 

Klang 7 Stunde : Balance, la dernière pièce de Stockhausen à Musica

 

Comme chaque année, le festival de musique de notre temps, Musica s’ébranlait dans différents lieux de Strasbourg.

 

Dès le matin, l’ensemble alsacien Linea, sous la direction de Jean Philippe Wurtz donnait un panorama de jeunes créateurs dans le cadre de la série : « les samedis de la jeune création ».

 

Programmés au palais du Rhin et en libre accès, ces concerts font facilement le plein et recueillent un beau succès à l’applaudimètre.  Côté découverte, pas grand chose à se mettre sous la dent, tant il semble délicat, pour ces jeunes pousses, de créer un véritable discours entre les pupitres. Seule la Coréenne Sun Young Pahg maîtrise son instrumentation mais elle devra se forger un discours personnel plus novateur que ses hommages appuyés à Takemitsu et Lachenmann (elle a étudié en Allemagne…) qui parsèment sa pièce. Mention très bien pour le très virtuose et flexible Ensemble Linéa qui témoigne de la dynamique musicale de la région alsacienne.

 

En fin d’après midi, l’Ensemble Recherche donnait en première française, la dernière partition achevée de Stockhausen (Klang 7 Stunde). Belle surprise, car cette pièce présente de beaux passages et flirte avec une légèreté et une limpidité que l’on associe gère au compositeur allemand. Prix citron par contre, pour deux partitions d’Enno Poppe, compositeur allemand égaré dans un labyrinthe pseudo moderne suffocant.

 

Grand bonheur sinon de retrouver Strasbourg, une ville conçue pour les habitants : larges trottoirs, pistes cyclables, vélos mis à disposition par les hôtels et surtout tramways de toute beauté.           

 

Stockhausen à Musica et M.Kagel

L’Orchestre philharmonique de Liège fera samedi l’ouverture du festival Musica à Strasbourg avec Gruppen de Stockhausen. Moment important, tant sont rares les exécutions de cette pièce d’une ampleur peu commune avec ses trois orchestres. Ce sera également l’occasion de jauger la portée de cette musique en 2008 car cette partition est incontestablement le reflet d’une certaine modernité. La vraie modernité sera peut être à porter au crédit du jeune Christophe Bertrand dont l’OPL va créer un concerto pour deux pianos.

 

Les agences de presse ont rapporté la disparition de Mauricio Kagel, figure majeure de la musique de notre temps à l’âge de 76 ans. Triste nouvelle tant ce créateur a su imposer un langage particulier. Si son théâtre musical est le fruit un peu daté de son époque post 1968, c’est dans les formes instrumentales que le compositeur donnait le meilleur de lui même parvenant à créer des agrégats sonores aussi séduisants qu’originaux.

 

L’exécution de son cycle de la Rose des vents lors d’un festival présence monographique reste l’un de mes plus beaux souvenirs de jeune amateur de musique contemporaine. Je reviendrai plus tard sur quelques orientations discographiques.

 
M.Kagel

hommage à Vernon Handley

Le chef d’orchestre Vernon Handley est décédé à l’âge de 77 ans. Né en 1930, il était l’un des plus éminents défenseurs de la musique britannique avec une discographie de près de 150 galettes chez différents éditeurs (Emi, Chandos) avec de grandes références comme des intégrales Vaughan Williams, Bantock, Bax…

 

 

Disciple d’Adrian Boult, ce chef avait débuté sa carrière à la tête de l’orchestre symphonique de Guildford avec lequel il enregistra, en première mondiale, des partitions de Bax et Finzi. Il fut ensuite appelé à l’orchestre de Tonbridge avant de devenir, en 1983, chef associé au London Philharmonic. Vernon Handley s’était fait également remarqué au pupitre de nombreux orchestres de culture anglophone : Royal Liverpool Philharmonic, Ulster Orchestra, BBC Schottish,  Melbourne Symphony Orchestra,  West Australian Symphony,  BBC Concert Orchestra et mondiaux : Orchestre symphonique de Malmö, Concertgebouw d’Amsterdam et Orchestre Philharmonique de Liège.