Montevidéo/ Buenos Aires : librairies d’Art(s)
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Sur son blog, Jean Pierre Rousseau (rousseaumusique.blog.com) vous propose quelques bonnes, et même moins bonnes, adresses hôtelières et culinaires rencontrées au cours du périple de l’Orchestre Philharmonique de Liège en Amérique du Sud. Je ne vais pas faire doublon avec ses propos et m’intéresser à des librairies d’art.
A Buenos Aires, il ne faut pas manquer Asunto Impreso (librairie de l’Image), située dans le Pasaje Rivarola (n°153). Cette adresse est assez dure à trouver, mais elle est incontournable. Certes, les mœurs commerciales locales sont un peu curieuses, mais la variété du choix et la qualité de la sélection sont assez incroyables (j’ai trouvé un livre sur l’architecte Hans Scharoun que je cherchais en vain depuis des années).
De nombreux livres sur l’Argentine sont évidemment présents et donnent l’image d’une scène éditoriale originale et très dynamique. On peut citer à ce titre les éditions La Marca qui proposent de sympathiques recueils de graphisme(s) sur des thèmes locaux comme Eva Peron ou la contestation politique en Argentine. Beau (petit) format, beau papier, bel appareil critique (en espagnol et en anglais).
D’un autre côté, Papers Editores est plus centrée sur l’Art contemporain avec de beaux petits livres dont un consacré à des jeunes artistes argentins.
A Montévidéo, deux adresses se détachent : la petite librairie du Musée Torres Garcia avec un choix de premiers ordre sur l’art sud américain et l’architecture locale des années 1920/30. A quelques mètres, la librairie La Lupa (Bacaray 1318 bis) présente une belle sélection sur la littérature, la musique, la peinture, autant en neuf qu’en occasion. En plus, la propriétaire à le bon goût d’afficher une affiche du concert de l’OPL sur sa porte d’entrée.
l’OPL en Amérique du Sud
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Toutes les infos, les photos et les reportages de la tournée sur : http://oplamsud.blog.com/2008/8/
7h58, la force de la tragédie….
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Le vétéran Sidney Lumet (né en 1924) auteur des célèbres : 12 hommes en colère, La colline des hommes perdus et Serpico a encore plus d’une ruse dans son sac et possède encore une grande capacité d’invention et d’irritation….
En 2007, il sort de 7h 58 ce samedi là (Before the devil knows you’re dead en vo)
« Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que Charles, le père, passe un test de conduite, sa femme Nanette ouvre la bijouterie familiale. Leur fils aîné, Andy, s’inquiète pour le contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d’habitude, Hank, son frère cadet, se noie dans ses problèmes d’argent. Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer dans la vie des Hanson. »
A partir de cette trame, le cinéaste tend les fils d’une intrigue diabolique qui fait exploser une famille à travers des comportements des plus glauques et sordides, tirant ce film vers une tragédie grecque des années 2000….
La Chine en photos
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A l’occasion d’un évènement dont tout le monde parle, L’Agence France Presse et l’éditeur Philippe Picquier proposent 300 photos pour illustrer 30 ans de bouleversements majeurs en Chine. Un texte d’accompagnement est signé Pierre Antoine Dionnet. Un beau format et un beau papier ne font pas oublier l’incroyable violence sociale et physique qui découlent des modernisations de la Chine.

L’art du côté des malchanceux : Paul Delaroche
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L’Histoire est souvent cruelle et impitoyable avec les artistes passés de mode et tombés dans un quasi oubli ou pire un sincère mépris pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être du bon côté de la barrière historique (comprendre l’avant garde). Il en va ainsi du peintre français Paul Delaroche (1797/1856).
Peintre d’Histoire, de la plus haute tradition, Delaroche s’est surtout fait connaître comme l’initiateur de l’anecdote historique, un genre très personnel qui mélange la tragédie des évènements de l’histoire avec un ton dramatique. On se retrouve ainsi plongés au cœur des évènements, peu avant un moment dramatique avec une fascination pour les morts de personnages célèbres : Elisabeth I, Marie Antoinette, les Girondins…
De nos jours, on raille cette sensiblerie facile qui collait si bien à la Monarchie de Juillet dont Delaroche fut l’un des plus « éminents » artistes, pourtant c’est oublier le sens justement théâtral de cet artiste et son don pour la mise en scène. Reproduites en grande série via des gravures, des lithographies, et même des photographie son œuvre se retrouva alors dans de nombreux foyer consacrant ce peintre académique mais nullemement secondaire.
J’aime ainsi beaucoup son Napoléon passant les Alpes. A l’inverse du portrait enragé et tumulteux de David, on découvre ici un Napoléon grelotant de froid et plutôt piteux d’acpect.
Côté livre, la seule étude disponible est l’imposant catalogue servant d’appui à une exposition vue à Nantes et Montpellier en 1999/2000 (RMN).
saga islandaise : Erro
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Petite interruption dans l’évocation de l’Amérique du sud artistique avec un long détour par l’Islande et l’un de ses plus brillants représentants : Erro.
Né en 1932, ce colosse venu du froid fut l’un des piliers du mouvement Figuration narrative.
L’heureux retour en force de la peinture aux premiers plans de l’art contemporain (qui fut tout au long de la décennie 1990 galvaudée par des critiques et conservateurs pressés de se faire mousser en annonçant sa mort…) et de l’esprit commémoratif mai 68 (Grande expo au Grand Palais) ont poussé les éditions Hazan à sortir un imposant pavé consacré à cet artiste : Danielle Kvaran, Erró, l’art et la vie, Hazan, 2008.
Pourtant à la différence de ses congénères, l’art d’Erro n’a pas pris une ride et s’est toujours imposé aux premiers plans même si sa notoriété reste un peu trop en marge des grands noms de l’art contemporain.
J’avais découvert cet artiste en 2000 lors d’une imposante rétrospective au musée du jeu de Paume et je me rappelle l’avoir visité plusieurs fois.
Erro travaille incontestablement dans une optique très « Pop art » avec une exploration minutieuse de la presse, bandes dessinées, affiches et des caricatures qui sont reprises dans ses oeuvres. Mais, le tout revisité avec une acidité et un regard bienveillant vers les toiles des grands maîtres du passé, par un goût prononcé pour les toiles gigantesques et même les fresques….sans oublier un salut devant la peinture d’Histoire.
En 1968, il réalise sa série : « American Interior » qui nous présente des intérieurs modèles et lisses de la classe moyenne américaine perturbés par des personnages agressifs tirés de la « mythologie » communiste. Dans ce cas d’inquiétants Viet Minh menacent une salle de bain…

Le personnage est aussi un fin connaisseur de la musique du XXe siècle….comme en témoignent ses tableaux dédiés à des grands maîtres comme Copland ou Stravinsky…
le futurisme en Amérique du sud : le Brésil
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Lancé en 1909 par Marinetti et son célèbre manifeste du futurisme, le futurisme fut un mouvement mondial
Ainsi, dès 1910, le texte fondateur est publié en portugais à Bahia par Almaquio Diniz. C’est n’est qu’en 1912 que le futurisme touche les modernistes brésiliens..
L’enthousiasme est alors à son comble et un commentateur estime même que cette passion pour les formes nouvelles va déboucher sur un nouvel ordre social.
Au tournant des années 20, la rupture est consommée entre les traditionnalistes et les tenants du modernisme…
Les années 1920 marquent l’apogée de cette passion « futuriste » avec de nombreuses manifestations, concerts (avec du Villa Lobos) et débats enragés dans les revues avec à terme une explosion des futuristes en plusieurs sous groupes dont certains rejettent les préceptes de Marinetti pour rechercher leur inspiration dans la culture local. On pense ainsi au groupe Verde Amarelo (Vert et or).
Au Brésil, le futurisme est plus littéraire que pictural avec des noms comme Mario de Andrade (1883/1945) qui après une période futuriste se détache de cette esthétique pour se mettre en quête d’une « brésilianité » avec l’introduction dans ses écrits de formes tirées de la langue populaire.
Demain, le futurisme en Argentine.
Joachim Torres Garcia
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Alors que l’Orchestre philharmonique de Liège se prépare à mette le cap sur l’Amérique du Sud, je vais parler aujourd’hui d’un peintre d’un pays que l’orchestre va visiter : Joachim Torres Garcia (1874/1949) natif de l’Uruguay.

Torres Garcia s’implante dès 1892 à Barcelone. Dans un premier temps, il se rapproche de la tradition artistique avec une prédilection pour les grandes fresques murales dans l’esprit de Puvis de Chavannes avant de rejoindre, au cours de la première guerre mondiale, les cercles avant gardistes proches du futurisme.
Il devient ensuite un propagandiste et un théoricien de l’avant garde et se fixe un temps à Paris qui était alors la capitales des arts.
Il retourne pour ses dernières années dans sa ville natale de Montevideo et il est couvert de nombreux honneurs.
Son œuvre (du moins dans sa partie avant gardiste post 1916) se situe à la croisée des avant gardes « non figuratives » avec de fortes références au cubisme et au constructivisme.
Un musée et une fondation lui sont dédiés à Montevideo
http://www.torresgarcia.org.uy/
un lien vers un bel article wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Joaquin_Torres_Garcia
de l’art enfin : Maurizio Cattelan
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Tout compte fait, j’ai beaucoup trop peu parlé d’art lors des premières semaines de ce blog.
Donc, aujourd’hui : Maurizio Cattelan.
J’ai découvert cet artiste par son célèbre La nona ora (1999) qui propose un Jean Paul II écrasé par une météorite.
Je trouve cet artiste particulièrement corrosif et décapant et sans concessions envers les valeurs de la société contemporaine…Au lieu de présenter une biographie de l’artiste (on en trouve une très bien ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Cattelan), je vais plutôt vous parler d’une œuvre qui, en ce moment, de vénération sportive intense à un écho particulier : AC Forniture sud (1991)

En Italie, c’est peu dire que le football est une passion populaire avec ses icones locales et gloires nationales. Cattelan frappe ici fort en proposant une équipe intégralement composée de footballeurs venus d’Afrique noire avec comme sponsor une certaine entreprise : « Raus ». En allemand, « raus » veut dire « dehors ». Belle ironie de l’artiste qui raille ici le côté kleenex des joueurs uniquement présents pour valoriser les égos locaux et les finances des puissants mécènes des équipes…alors que le fond idéologique reprend s’avère des plus nauséabonds…
De l’art à la réalité, l’AC forniture sud a aussi participé à des matchs de foot régionaux qu’il a perdu avec vaillance….belle valorisation de la défaite sportive….dans un univers ou seule la performance compte….
Sur cet artiste, la collection « hypercontemporain » de Hazan propose un sympathique ouvrage sur notre homme (œuvre de Francesco Manacorda) pour une synthétique intro. Sinon à signaler une belle petite monographie chez Phaidon (ouvrage collectif).
Vive la défaite alors….et le sport pour le plaisir…
Wagner….encore…et pour finir
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Sans me prétendre fanatique au point de courir les productions et collectionner les lives les plus improbables avec les grands chanteurs de la haute époque…J’aime beaucoup ses œuvres avec une prédilection pour Tristan et Parsifal
J’ai essentiellement découvert Wagner lors de la diffusion par France Musique du Ring monté au Chatelet en 94/95 (je sais plus trop) avec l’Orchestre National de France conduit par Jeffrey Tate. Pour beaucoup, cette production fut assez décevante, mais je suis resté skotché devant ma chaine à écouter les quatre parties. Quelques années plus tard, j’ai entendu une autre retransmission des Maîtres depuis Bayreuth qui m’a aussi beaucoup marqué (je sais plus qui dirigeait alors).
J’aimerai attirer l’attention sur un disque très peu connu d’Hebert Kegel : un live de Parsifal enregistré live à Leipzig en 1975 (Berlin classics).
Grand chef de la RDA, Hebert Kegel a livré des versions définitives des pièces de l’école de Vienne et une fascinante intégrale des symphonies de Ludwig van Beethoven…
Il avait l’habitude de monter chaque année un grand chef d’œuvre en version de concert avec une grande importance accordée à la préparation…Il existe ainsi un Wozzeck et un Moses und Aron absolument merveilleux.
Le chef voulut ainsi monter Parsifal, ce qui ne fut pas sans peine car les gardiens du temple communiste trouvaient cette œuvre trop « formaliste ».
Pourtant, le chef put réaliser son souhait et donner en concert un Parsifal très « boulezien » c’est à dire rapide, chambriste et lumineux.
Côté chant T.Adam et R.Kollo sont entourés de solistes musiciens locaux.
Une version que j’ai cherché pendant très longtemps et que l’on trouve désormais à vil prix chez Berlin classics….

