Le Concertgebouw d’Amsterdam et Riccardo Chailly
Posted by Pierre-Jean Tribot | Filed under Uncategorized
J’ai eu de nombreuses possibilités d’entendre en concert le Concertgebouw d’Amsterdam lors de ses visites au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au KKL de Lucerne ou dans la fosse du Nederlandse Opera d’Amsterdam. C’est enfoncer les portes ouvertes que de dire que la phalange batave est l’un des meilleurs orchestres du monde ! Sa force, outre une technique instrumentale légendaire, réside dans sa capacité à s’adapter à tous les types de musiques. C’est ainsi l’une des très rares formations capables de jouer la musique française avec les teintes idoines limpides, transparentes et lumineuses. Au fil des ans, je suis devenu un inconditionnel de cet orchestre et je lui dois deux de mes plus beaux souvenirs de critique musical : un concert démentiel de M. Jansons à Lucerne dans le concerto pour orchestre de Lutoslawski et la symphonie n°1 de Brahms et surtout un live de Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch au DNO.
Chef de l’orchestre de 1988 à 2004, Riccardo Chailly a laissé de nombreux témoignages pour Decca avec des musts de toute discothèque : la symphonie n°5 de Mahler, les Kammermuzik de Hindemith, une intégrale Varèse, Daphnis et Chloé de Ravel, un programme futuriste Prokofiev-Varèse-Mossolov. Mais j’ai envie de parler de deux disques marquants :

-L’intégrale des symphonies de Brahms. Passée inaperçue lors de son édition dans les années 1990, ce travail valait pour l’intelligence des couplages qui mettaient Brahms en lien avec les grandes pièces de Webern et Schoenberg. Mais le travail sur Brahms est absolument magistral avec un orchestre qui possède cette musique dans les gènes. Chailly laisse couler la musique se contentant d’influer juste sur tel ou tel détail. Ce qui nous vaut des symphonies n°1 et n°3 d’anthologie. On trouve ces symphonies dans un coffret éco.
-Un disque Ravel/ Moussorgsky avec en prime la plus merveilleuse version du Boléro disponible. En effet, Chailly, comme personne cisèle cette partition avec une mise en avant de la pulsation des timbales du meilleur effet. En complément, une version méconnue, mais formidable des Tableaux d’une Exposition. Ce disque a été réédité dans la collec Eloquence Australia.
