L’homme qui sauva l’Angleterre
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2008, c’est le centenaire Karajan, mais aussi le centenaire Ian Fleming puisque l’auteur de 007 est né en 1908. Simon Winder voit plus loin que la dithyrambe facile et livre dans l’homme qui sauva l’Angleterre, une brillante analyse sociologique et une mise en perspective historique du personnage. Pour comprendre ce héros, Winder se replonge dans l’Angleterre des années 30 60. L’ancienne lumière économique du monde et pays inventeur de la révolution industrielle ne cesse de décliner :
«Après la guerre, l’Angleterre n’a pas connu les Trente Glorieuses, elle a clairement vécu les Trente Affreuses: des années de pauvreté et d’humiliation, avec la perte de son empire et sa mise au ban du concert des nations. Les Etats-Unis nous prenaient pour des bouffons et la France ne voulait pas entendre parler de notre intégration à l’Europe. James Bond est alors apparu comme la force secrète d’un pays qui, en public, accumulait les déconvenues. »
C’est peu dire… Tous les aspects de la société sont passés au crible pour montrer comment cet espion devint l’image du superman pour une puissance en déclin…comment penser un seul instant que les bombes atomiques destinées à faire sauter Miami pouvaient décemment être désamorcées par un Anglais…
Ce livre est écrit avec beaucoup de style et d’humour…
Simon Winter, James Bond. L’homme qui sauva l’Angleterre, éd. Demopolis
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Rébellion de Kobayashi, ils se sont levés
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Récemment, je parlais de Bashing de Kobayashi, un autre de ses films mérite une attention approfondie : Rébellion.

Joi Uchi Sasahara est un virtuose du sabre du japon médiéval, mais son malheur a été de vivre en temps de paix. Côté privé, il n’a jamais été heureux subissant une épouse qu’il n’avait pas choisit. Ce soldat modèle et rigoureux est en passe de prendre sa retraite, mais sa famille va se retrouver prise dans des intrigues de cours. Pour la première fois, cet homme et sa famille vont se soulever contre un ordre social qui exige une totale soumission à la hiérarchie et où les sentiments n’ont absolument aucune place. De cette action, c’est tout un clan qui va se retrouver ébranlé.
La force de ce film réside dans une mise en scène d’une grande sobriété mais d’une imposante force dramatique, le talent du cinéaste fait surgir de nombreuses scènes d’une beauté plastique saisissante.
La musique, toute aussi minimale, est du grand Toru Takemitsu
Côté acteur c’est du top niveau avec en tête d’affiche le très très grand T.Mifune.
Un lien vers le trailer
http://wildgrounds.com/index.php/2008/07/27/trailer-rebellion-1967-masaki-kobayashi/
Musée le long du Rhin : Brühl et Max Ernst
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Grosse ville de la banlieue de Cologne (50.000hbts), Brühl présente ce cachet d’inexorable ennui des villes allemandes sans charme particulier. La cité reste célèbre pour son château d’Augustusburg construit pour l’Electeur Clément Auguste, homme aux multiples fonctions : Prince-archevêque de Cologne et Grand maître de l’ordre Teutonique (entre autre). Il demande à Johan Conrad Schlaun et François Cuvilliés (l’architecte de la Cour de Bavière) de construire un château dans sa ville préférée de repos. Le résultat est un beau château Rococo élevé de 1725 à 1768. Le vaste parc environnant mérite le coup d’œil.

Mais le but de notre visite était tout autre : la visite du Musée Max Ernst, natif de la ville.
Entre 2001 et 2006, l’architecte allemand Thomas van den Valentyn a modifié un bâtiment ancien qui servait de lieu de divertissement puis d’hospice avant que la ville de Brühl l’achète au début des années 1980. Le résultat est très simple, mais très beau avec encore une référence à Mies van der Rohe et l’école allemande post-1945 telle un Egon Eiermann.
Ce beau musée présente une riche collection, issue principalement d’une banque de Cologne qui rend compte des différentes périodes créatrices du grand artiste à travers une muséographie simple et intelligente. Notons la présence de texte multilingues (All, en et Fr).
Au sous-sol, des expositions temporaires alternent. La présente propose la série : Une Semaine de Bonté. Roman de gravure (1934) qui suggère un monde irréel mais si envoûtant de ce magicien des ombres et des idées.
A ne pas rater et, en plus, c’est pas loin de la Belgique…
Musées le long du Rhin : Arp à Remagen
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Remagen, c’est surtout son (ex) pont, moment fort de la seconde guerre mondiale (il subsiste d’ailleurs un petit musée à ce sujet), mais depuis l’automne 2007, c’est Arp et son nouveau musée construit par l’Américain Richard Meier.

Ce musée s’ouvre en deux parties, en bas, une ancienne gare de style néo-classique accueille les servitudes : billetterie, shop (plus de brol que de livres…), restaurant correct et fashion et salle de conférence. Un tunnel et un impressionnant ascenseur permettent de monter dans la partie haute construite par la star de l’architecture.
Sur deux étages (un troisième est réservé à la section pédagogique), deux vastes espaces d’exposition se déploient, ils sont magnifiquement ouverts sur l’extérieur avec des vues et des terrasses qui donnent sur la forêt environnante ou bien qui ouvrent sur le Rhin.
C’est du R.Meier tout craché, puissante architecture « virile » qui prend source chez Mies van der Rohe. C’est très brillant, très bien conçu alors que l’intégration au paysage est parfaite. On regrette juste un aspect légèrement trop « angle droit » pour des œuvres aussi féminines et courbées comme celles de Arp.
La collection issue de plusieurs fonds alterne au deuxième étage, une salle est réservée à des pièces de S.Teuber-Arp son épouse.
Il suffit de peu de choses parfois pour transformer un musée en chef d’œuvre :
1.L’absence de passage piéton entre le parking et l’espace du musée qui fait de la traversée de la (très fréquentée) route qui passe le long du Rhin, une mini corrida
2. Pas de réflexion didactique : les œuvres sont exposées de manière brutale, seule une chronologie (mais qu’en Allemand) nous éclaire sur l’œuvre d’Arp.
Mais, ce nouveau musée, très intello, mérite le coup d’œil….
Marta Godény joue Bartok
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Le présent programme s’articule autour de la Sonate Sz.80 de 1926. Minérale et abrupte, cette musique hors du commun bénéficie de la technique assurée et de la hauteur de vue de l’artiste qui tend le discours à l’extrême tout en assurant une grande variété dans les couleurs.
Le reste du programme est composé de plusieurs courtes pièces du compositeur : Sonatine Sz.55, Bagatelles Sz.38, Quinze chants paysans hongrois, Six danses roumaines Sz.56 et l’incontournable Allegro Bar-
baro Sz.49.
Un très beau disque d’une pianiste qu’on aimerait entendre en Belgique (tiens tiens…)
Bob le Flambeur, 36 av Junot 75018 Paris
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En 1956, Jean-Pierre Melville sort son troisième film : Bob le Flambeur. Ce mix de polar et de comédie de mœurs est peu apprécié par la critique mais deviendra vite culte auprès des réalisateurs de la Nouvelle vague. Ce film de fauché (Melville n’avait alors pas une thune et filmait au coup par coup avec des acteurs en préretraite, des jeunes inconnus et des semi-pros) présente déjà de nombreuses qualités qui deviendront des traits d’excellence dans les opus futurs. En premier lieu, une caractérisation du personnage central très forte avec un ex-truand, fan de jeux mais très malchanceux qui traîne son auguste carcasse à travers Montmartre et dans son appart du 36 av Junot dans le XVIIIe. Le cinéaste campe un truand, pétri d’honneur mythique d’avant guerre, sorte libre interprétation des bandits cinéphiliques du cinéma américain des années 30-40. Mais fauché, Bob doit monter sa dernière affaire pour se refaire une santé et laisser sa marque à l’histoire du grand banditisme : dévaliser la veille du Grand prix, le casino de Deauville et ses 800 millions….
Autre fait marquant de cette bobine : une manière très personnelle et très amoureuse de filmer…Paris et Montmartre en particulier avec de très belles scènes comme cette autopompe qui tourne comme un pendule autour d’une place Pigalle émergeant péniblement d’une nuit agité. Melville aime ce quartier et on le sent !!!
Dès lors, ce film mélange un ton très libre et léger avec la méticulosité documentaire qui sied souvent à Melville.
Certes ce film n’est pas exempt de défauts avec, entre autre, deux personnages féminins tirés à gros traits : la petite salope lubrique et la mégère tyrannique et intéressée, mais ce Bob est un film assez attachant et unique dans le cinéma de Melville et dans le cinéma français des années 1950.

L’édition Studio canal agrémente le film d’un documentaire bien troussé et captivant de près de 30mn
ITB : opération Liège
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Interruption temporaire du blog pour cause de déménagement à Liège….
A bientôt
Bashing de Kobayashi : l’enfer c’est les autres…
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En 2004 des bénévoles Japonais sont enlevés en Irak par des rebelles locaux. Libérés, ils rentrent au Japon où un curieux accueil se met en place ! En Occident, ils auraient été fêtés, honorés, mais au pays du Soleil levant, ils sont mis au ban de la société et humiliés. Pire, dans un pays alors divisé sur le soutien du Japon à l’effort de guerre américain, les otages durent faire des excuses en public et payer les frais de rapatriement !
Ce film de Masahiro Kobayashi livre avec une froideur documentaire l’inhumain quotidien de Yuko (inspirée de l’otage Nahoko Takato), une jeune femme brisée par cette aventure et qui fait sombrer sa famille…victime d’une humiliation qu’elle ne comprend pas…
La mise en scène froide accentue le malaise et souligne à gros traits la petitesse des comportements et la pression de la foule qui verse, sans réfléchir, dans l’humiliation et le harcèlement moral avec la perfide impression d’avoir raison…
Un film au fort contenu politique et social d’un réalisateur étonnant.
Turnage,un compositeur au coeur de la cité, 1
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L’Anglais Mark-Anthony Turnage, né en 1960, s’est vite imposé comme l’un des fleurons de la jeune école britannique. Élève de John Lambert et de l’ex-enfant prodige Oliver Knussen, le compositeur s’est nourri de nom-breuses influences, dont celle du Jazz de Miles Davis. Son parcours académique est impressionnant : prix Guiness en 1981 et prix Mendelssohn en 1983. Après s’être perfectionné auprès de Gunther Schuller à Tanglewood, Turnage enchaîne les postes de compositeur en résidence : auprès de l’Orchestre de Birmingham puis de l’orchestre de la BBC. Il assume actu-ellement cette fonction pour le London Philharmonic Orchestra. Il est aussi l’auteur de nombreuses compositions pour le London Sinfonietta. À part deux incursions dans le domaine de l’opéra avec Greek (1988) puis The Silver Tassie (2000), l’artiste se consacre essentiellement au domaine symphonique.
Ce disque est dédié à des pièces récentes. Scherzoid (2004) est le fruit d’une commande commune entre l’orchestre londonien et le New York Philharmonic. Conçu en réaction à des pièces lentes dont l’écriture était au cœur du quotidien du compositeur, Scherzoid est un concentré d’énergie dont le brio de l’orchestration frappe l’oreille. Yet Another Set To (2005) pour trombone et orchestre est la seconde partie de Set To, une pièce pour ensemble de dix cuivres. Composée pour Christian Lindberg, l’un des plus grands virtuoses du trombone, Yet Another Set To met en évidence la virtuosité du soliste tout en insistant, dans son splendide mouvement lent, sur la solidité de la structure qui rend hommage à Bach. Là encore, le talent d’orchestrateur et la hauteur de l’inspiration font de cette partition une véritable petite merveille.

Evening Songs (1998) est d’un climat plus sombre. Issue d’une com-mande de l’orchestre de la NDR de Hambourg et de son chef Christoph Eschenbach, la pièce recycle le final de l’opéra de chambre Country of the Blind. Dans le texte de présentation, le musicien avoue avoir été fasciné dans son enfance par le ton crépusculaire du Scherzo de la Symphonie n°9 de Bruckner. Depuis, son œuvre comporte de nombreux nocturnes. Toute en finesse, en style et en délicatesse, cette œuvre créé des teintes fasci-nantes et montre que ce virtuose s’épanouit tout autant dans les pièces mélancoliques et rêveuses. Ecrite sur des poèmes de Dylan Thomas, When I Woke (2001) rend justice à la prosodie si particulière du poète.
Le baryton Gerald Finley, collaborateur de longue date de Turnage, livre une prestation magnifique de justesse et d’engagement, tandis que l’orchestre, économe mais suggestif et félin, s’immisce entre les mots pour forger de sombres climats. Tout au long de ce programme, le LPO se déchaîne sous les directions de Jonathan Nott, Vladimir Jurowski et Marin Alsop. Le tout compose un disque essentiel à notre connaissance de la création contem-poraine et permet d’apprécier, dans des conditions optimales, le talent d’un génie actuel de l’orchestration.
OTTO PREMINGER : THE HUMAN FACTOR
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En 1979, le grand Otto Preminger est âgé de 73 ans et il se lance dans l’aventure de son dernier film : The Human Factor. Dans cette période difficile que furent pour ce vénérable viennois exilé aux Etats-Unis, les années 1970 ; ce film fut très dur à financer et on lit, ça et là, que le vieil homme fut obligé de se séparer de certains tableaux de sa collection pour boucler les comptes. Dès lors, The Human Factor est un film à petit budget et cela se sent avec ses lumières banales et ses décors à l’économie…On est plus proche du téléfilm que du film…

un petit résumé :
“Maurice Castle est un fonctionnaire organise et méthodique qui travaille pour les services secrets britanniques aux affaires africaines. Il est marié avec une jolie femme africaine, a adopte son fils, et supporte avec constance son travail ennuyeux. Toute sa vie est compartimentée, ordonnée et dépourvue de passion. Cet homme ordinaire arrive à la fin de sa carrière lorsqu’il devient l’objet d’un contrôle de sécurite. Cet évènement va changer sa vie, car sa situation d’agent double va être découverte. Il n’a pourtant trahi ni par conviction, ni pour l’argent…”
Ce qui frappe dans ce film c’est un mélange de banalité et de routine. Banalité des vies (en dépit de son talent, Richard Attenborough n’est pas l’acteur le plus charismatique de son temps) et routine d’une administration du renseignement en pleine guerre froide, mais tout compte fait relâchée par l’absence d’enjeux. Mais le renseignement, souvent synonyme d’action genre James Bond, paraît ici avachi, ennuyeux, et tenu en laisse par des personnages qui frisent la caricature et le mauvais goût. La peinture sociale de cet Angleterre très old-fashioned post coloniale est très intéressante…
Ce qui redouble aussi notre intérêt c’est de voir comment ce fonctionnaire scrupuleux et mari attentionné devient, au fond malgré lui, un traître qui se met dans une situation impossible avec une fin véritablement cruelle !
Ce film qui fut connut assez tard (il ne fut diffusé en France qu’en 2000 !!) a mauvaise presse : on le trouve lent, mal interprété, mal filmé, étriqué comme ses décors. Certes, ce n’est pas un chef d’oeuvre absolu, mais ce long métrage mérite bien mieux que se triste et injuste réputation.