Kinji Fukasaku et le malaise japonais

Kinji Fukasaku s’est imposé comme l’un des cinéastes majeurs des années 1970-2000. Débutant sa carrière comme peintre des transformations sociales de l’archipel nippon, il s’oriente ensuite vers les films de yakuzas hyper violents (incontournables Cimentière de la morale et Combat sans code d’honneur). Il est même considéré comme le fondateur du Jitsoroku un style hybride qui mixe œuvre de fiction, histoires vraies et réalisation proche du documentaire. Le mythe du Yakusa emprunt de règles d’honneurs tirées des codes d’ors des Samouraïs explose pour laisser place à des individus froids à la gâchette plus que facile. Des réalisateurs comme Tarantino, John Woo, Kitano ou Miike se réclament de cette esthétique. 
 Dans les années 1990-2000, Fukasaku se reconvertit dans le film de science fiction avec le célèbre mais très oubliable Battle royale.   

 

Réalisé en 1968, Kamikaze Club est un des films de la période initiatrice du réalisateur. Dans tout autre style que les Salauds dorment en paix, Fukasaku condamne également la corruption des élites de ce pays, dans une vision tout aussi cynique et pessimiste.

 

Sur fond de croissance économique, 4 petites frappes sans grand talent dont le chef est se définit lui-même comme un ex  « laveur de chiotte » cherchent à se faire du blé. Ils se spécialisent alors dans le chantage et l’extorsion  de fond. Tout marche bien tant qu’ils se limitent à des petits gabarits ou des starlettes. Mais la tentation est trop forte de ne pas risquer plus haut….Je vous laisse deviner la suite…

 

La caméra de Kukasaku se veut  rapide avec une succession de plans ; elle rend bien l’insouciance très mai 68 de cette bande de garnements assez sympathique et inconscients. Mention très bien pour la musique très dans le ton de l’époque.     

 

Les Américains à Badgad : Dans la Zone Verte

Rédacteur en chef adjoint du Wasinghton Post après avoir été chef des bureaux de Bagdad, du Caire et d’Asie du Sud Est pour ce quotidien, Rajiv Chandrasekaran nous plonge dans la Zone verte, cette enclave  américaine au coeur de Bagdad. Dans cette forteresse qui vit en quasi-autarcie se prépare (rarement), s’improvise (toujours), se manigance (souvent) et se discute (très très rarement) l’avenir du pays.

Dès les premières pages, on se rend compte d’un désastre annoncé. Les erreurs de jugements, l’incompétence des cadres en charge de la reconstruction (les rares personnes compétentes voient leurs efforts sabotés ; les nominations ont plus à voir avec le degré de connivence avec le parti républicain qu’avec une réelle connaissance du monde arabe…).

Dans un premier temps, l’auteur plante le décor et nous guide dans les méandres de cette enclave de 10km² au coeur de la ville irakienne. Cette petite Amérique jure avec le chaos environnant. Progressivement la scène s’anime :  complètement coupés du monde  extérieur, les “stratèges” de Washington “élaborent” l’avenir du pays. Les différents faits rapportés par le journaliste offrent un vertige absolu de la nullité, on croise ainsi des conseillers chargés d’élaborer des graphiques sur la situation du pays qui n’ont jamais affronté la réalité du terrain ; un chef autoritaire et infiniment cassant ; des jeunes diplômés sans aucune expérience…. Le tout produit un cocktail détonnant d’impérialisme, d’obstination malvenue, d’arrogance qui débouche sur le désastre que l’on sait. Et maintenant ? Comment faire pour sortir ce pays du chaos ?

 

Solidement documentée, cette enquête est un très beau travail. Ce livre fut classé en 2007 parmi les 10 meilleurs de l’année selon le NY Times.

 

Traduit de l’anglais par Gilles Berton et Raymond Clarinard. Edition originale en 2006 sous le titre : Imperial Life in Emerald City (Alfred A Knopf)

L’Espagne de Juan Carlos de Michel Faure

Ce livre du journaliste Michel Faure (collaborateur à Ouest France, Libé, l’Express, Le Monde2), nous conduit dans les méandres de l’Espagne des années 2000.

 

Commençant son parcours avec la réussite économique des années José Maria Aznar, l’auteur dresse un portrait d’un pays économiquement dynamique, désormais gouverné par José Luis Zapatero. Si la réussite de ce dernier sur la scène internationale est assez chaotique, l’actuel premier ministre espagnol a incontestablement apporté un nouveau souffle à la société de ce pays. L’Espagne c’est une économie triomphante (jusqu’ici portée par une construction immobilière en cours de tassement et de régression), un pays culturellement dynamique, mais aussi une nation traversée par de puissantes contestations en Catalogne et au pays basque. Zapatero a entamé un dialogue (critiqué) avec les représentants de ces deux forces autonomistes. Ce livre compose une peinture des nombreuses composantes de la société espagnole à travers des rencontres avec des personnalités locales impliquées dans la société civile, les arts. On aimerait juste que l’auteur se départisse d’un style un peu trop neutre…    

 

Michel Faure, l’Espagne de Juan Carlos, pays prospère, nation fragile, Perrin, 2008, 19.5 euros.

    

il y a 60 ans le blocus de Berlin et l’aéroport de Tempelhof

 

Il y a 60 ans débutait le blocus de Berlin par les Soviétiques et la mise en place d’un pont aérien pour ravitailler la partie ouest de la ville. Le principal aéroport du blocus fut celui de Tempelhof. Curieux anniversaire car cette structure aéroportuaire est désormais vouée à la disparition.

Notons qu’il s’agissait aussi d’un des derniers aéroports en centre ville en Europe. Délaissé par toutes les compagnies (sauf Brussels Airlines  et qq micro-compagnies allemandes), Tempelhof était tôt ou tard voué à l’arrêt des activités.

 

Pourtant Tempelhof  possède de grands intérêts architecturaux. Inauguré en 1923 (ce qui doit en faire le plus vieil aéroport commercial au monde), l’aéroport berlinois fut remanié en profondeur sous le régime nazi. Entre 1936 et 1941, l’architecte Ernst Sagebiel édifie d’imposants bâtiments révolutionnaires dans la gestion des flux avec une séparation des arrivés, des départs et du fret. Tempelhof devait être la porte d’entrée de Germania, la gigantesque et nouvelle capitale du Reich.  Le grand architecte Norman Foster le qualifie, à juste titre, de « mère de tous les aéroports ». Le terminal actuel, long de 1.2km, est en terme de superficie au sol, le troisième plus grand bâtiment au monde après le Pentagone de Washington et le palais présidentiel de Bucarest.

 

Progressivement,  les principales compagnies déménagèrent vers d’autres cieux et l’activité diminua lentement en raison de l’inadaptation du terminal aux jets modernes et de l’impossibilité aux gros porteurs de type 747 de se poser. Le 31/10/2008, malgré la détermination d’une partie des Berlinois, Tempelhof cessera tt activité. Le terminal classé devrait échapper à la destruction, le reste de la superficie de l’aéroport n’a pas encore d’affectation précise.

 

Sur Internet un bel article sur wikipedia :

 

 http://en.wikipedia.org/wiki/Tempelhof_International_Airport

 

et des photos sur airliners.net

 

http://www.airliners.net/search/photo.search?placesearch=Berlin%20-%20Tempelhof%20%28THF%20%2F%20EDDI%29&distinct_entry=true

Boniface de Castellane (1867-1932)

 

Eric Mension-Rigau, maître de conférence à PIV Sorbonne et chef du service livre de la revue Historia est un spécialiste de l’histoire des élites pour la période post-révolutionnaire et plus particulièrement de la transmission des valeurs et du patrimoine. Sa thèse de doctorat a connu une « adaptation » vulgarisatrice chez Perrin, elle est désormais disponible en poche :

 

Aristocrates et grands bourgeois. Éducation, traditions, valeurs Plon, 1994, Paris, Pluriel-Hachette 1996, Perrin 1997, rééd. Perrin, 2007.

 

Dans le cadre de ses recherches, EMR, commet une biographie de Boni de Castellane, l’une des personnalités mondaines et aristocratiques les plus célèbres de la France de la troisième république.

 

Personnalité hors norme, Boni fut une sorte de « people » de l’ère de l’apparition des médias de masse. Issu d’une grande famille de France dont les quartiers de noblesse remontent aux alentours de l’an 1000, Boniface connaît une gloire en épousant Anna Gould, la fille d’un richissime américain. Mariage symbolique car la haute société française dépositaire d’un certain goût et savoir vivre épouse la fraîche bourgeoisie industrielle issue des chemins de fer !!! De cette alliance va naître une frénésie de luxe(s) et de fêtes. Dandy insatiable, Boni se lance dans la construction parisienne du Palais rose. Sous l’égide de l’architecte Ernest Sanson (auteur de la reconstruction du château de Beloeil en Belgique), ce Palais rose d’inspire du Grand Trianon de Versailles avec en guise d’escalier d’honneur, une adaptation du grand escalier des Ambassadeurs de Versailles aussi (détruit sous Louis XV). Ce palais et ses environs furent alors le siège de fêtes restées d’anthologies et de réceptions somptueuses.

 

Mais en 1906, lasse des frasques et du train de vie dispendieux de son époux, Anna demande la séparation, délaissant un Castellane pour s’enticher d’un Talleyrand. Boni est touché, mais certainement pas coulé. Réduisant la voilure, il se lance, avec succès,  dans le commerce d’œuvres d’art, devenant le promoteur et le défenseur d’un certain goût français.   Chevalier blanc des richesses du patrimoine des châteaux de France, Boni participe à la fondation en 1924, de la Demeure historique.

 

Ce bref descriptif n’est qu’une ébauche de la vie trépidante et riche en rebondissements de cette personnalité qui revit sous la plume précise et sans fioriture d’Eric Mension-Rigau. Un livre pour tout le monde des historiens aux curieux….

 

Un lien vers un blog dédié au personnage :

 

http://bonidecastellane.canalblog.com/

 

Un autre vers un texte wikipedia dédié au Palais rose :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Rose_de_l’avenue_Foch

 

        

 

Jeff Koons, un homme de confiance ?

 

Farfouillant à la médiathèque du Passage 44, je tombe sur un documentaire (le prof et même futur ex-prof est souvent friand de documentaires, même s’il ne peut pas les montrer à ses élèves faute de TV en état de marche !) consacré à…..Jeff Koons. C’est assez pompeusement intitulé : Jeff Koons, un homme de confiance et réalisé par Judit Kele et Patrick Javault (2004).

 

Bien que plutôt mal monté et bien superficiel dans son apport pédagogique, ce DVD est assez révélateur de l’image que l’artiste veut donner de lui même. On est loin du Rodolfo miséreux de la Bohème ou de Pollock dansant frénétiquement autour de ses toiles dans un geste quasi fusionnel, pour retrouver un type trop bien mis dans son costume un peu trop ample, au sourire ripoliné d’une star et au vocabulaire précis le tout envoyé à l’interlocuteur sur un ton excessivement affable. D’ailleurs, on a plus l’impression d’avoir à faire à un homme politique en campagne (nombreuses séances de photos avec JK au sourire « émail diamant ») qu’à un artiste. Deux scènes méritent le détour pour le côté « décalé » : Koons en costume gris cherchant l’inspiration dans un supermarché  ou l’artiste dans son « usine atelier » naviguant au milieu d’une armée d’employés…

 

Le pognon est aussi en une ligne directrice de ce docu : dès le début, on assiste à une auction à N-Y où des acheteurs font péter des dollars pour acquérir un Michael Jackson and Bubbles  ou encore lorsqu’un collectionneur grec vante l’éclat d’un Balloon dog comme s’il s’agissait de sa nouvelle voiture de luxe.

 

Pourtant, Koons apparaît plus friable et plus humain que son image polie à l’excès….et certaines de ses œuvres moins creuses que de prime apparence… C’était ces points qu’il fallait creuser…

 

On attend donc un futur portrait vidéo, en profondeur, de l’artiste…..         

 

 

Bon c’est fini pour Koons, 02 textes en une semaine c’est un peu trop….

 

 

Le cinéma de Kurosawa-I : Les salauds dorment en paix.

 

J’ai eu fascination et une admiration pour le cinéma de Kurosawa. J’ai commencé par Ran, il y a qq années en DVD et je suis devenu un accroc. La perfection de la mise en scène et la maîtrise du maître nippon atteignent des sommets rarement égalés. J’ai à peu près vu tous ses films et à mon avis on oscille tjrs entre le chef d’œuvre et le très très bon. Pour commencer mon évocation du cinéma du maître, je vous propose l’un de ses films les moins connus : Les salauds dorment en paix (1960). Il fait partie d’une trilogie « noire » du réalisateur avec Chien enragé et Entre le ciel et l’enfer. C’est tout simplement pour moi, le chef d’œuvre (avec Ran) du réalisateur et l’un des meilleurs films que j’ai pu voir (si ce n’est pas le meilleur).  

Kurosawa abandonne les mythes du Japon, pour se replonger dans le climat des années 1950. L’île connaît une croissance économique majeure, mais le revers de la médaille réside dans la corruption des milieux économiques. « De quels méfaits ne sont pas capables certains haut fonctionnaires qui se cachent derrière la façade bien commode des grandes sociétés. J’ai voulu démasquer cette race, et faire un film sur la corruption de la haute finance. », déclarait alors l’auteur.  Dans ce cadre, un homme va poursuivre sa vengeance, épousant la fille de l’assassin de son paternel pour mieux mener à bien son entreprise. Le film est porté de bout en bout par le charisme scénique de T.Mifune, l’acteur fétiche du maître.  

Plusieurs éléments rendent ce film en tous points magistral avec, en premier point, une stylisation extrême des scènes avec des décors ultra léchés comme le repaire souterrain de Nishi (T.Mifune). Le rythme du film est mené avec une virtuosité exceptionnelle comme lors de la longue scène théâtrale d’exposition (plus de 20 minutes) qui détermine les personnages ou lors de la scène (grandiose) de la défenestration avortée ou lors des funérailles fictives de Wada l’un des aides du puissant patron. La perfection mécanique de la réalisation vire à la grandeur quasi mythologique sauf que ce combat vengeur est perdu d’avance ce dont on se rend compte au milieu du film avec justement cette défenestration ratée qui montre l’incapacité du héros à aller au bout de ses actes. Cet échec marque alors le début de la fin pour un personnage broyé par un système et qui disparaît noyé dans sa quasi-solitude. Les passionnés de Kurosawa peuvent aussi mettre en avant l’adaptation cachée d’Hamlet de Shakespeare (auteur central dans l’œuvre de Kurosawa).

Immense tout simplement   !!!


Demain livre avec un retour dans le temps !  

Le cinéma de Hong Kong-I : Une nuit à Mongkok

De la Chine à Hong Kong sans transition :

Très apprécié lors de sa sortie en salle à Hong Kong en 2004. Une Nuit à Mongkok est l’un des films made in HK les plus intéressants de ces dernières années. L’histoire policière est classique : 

Suite à un accident de voiture mortel survenu dans d’étranges circonstances et impliquant les fils de chefs de gangs notoires, la police s’intéresse de près aux activités de Liu, un petit truand manifestement relié aux triades. Or ce dernier a engagé un tueur à gages venu de Chine continentale, Lai Fu, en lui ordonnant d’exécuter le rival de son chef, initiative dangereuse qu’il regrette presque immédiatement. A peine arrivé, Lai Fu comprend qu’il a été trahi et que Liu l’a déjà donné à la police. Il trouve refuge dans un hôtel et fait la connaissance fortuite d’une jeune prostituée, Dan Dan, qu’il la sauve des griffes d’un malfrat. C’est le début d’une longue nuit Lai Fu et Dan Dan, mais aussi pour les forces de police et les gangsters locaux…

Mais le grand talent de ce film est de dépasser la simple intrigue policière pour évoquer le sort misérable des récents immigrants de Chine continentale pris dans les ruelles sordides du quartier de Mongkok à l’image des deux héros Dan Dan et Lai Fu.

Un autre aspect est de dépasser la vision « gentils/méchants » en insistant sur l’ambivalence des héros à l’image de Dan Dan en passe de voler l’argent de celui qui lui a sauvé la vie.

La réalisation est un autre atout de ce film. Le réalisateur sait alterner les renversement de situation et un rythme savamment étudié qui alterne séquences intenses et périodes de calme. Certaines scènes sont exemplaires comme celle de la bavure véritablement haletante. Du côté des acteurs, on retrouve qq têtes d’affiche de la scène HK : Daniel Wu (Lai Fu), l’exquise  Cecilia Cheung (Dan Dan) et Alex Fong. Les seconds rôles sont bien distribués et confirment l’incroyable réservoir de talents de l’ancienne tête de pont anglaise. La photographie hyper léchée de Keung Kwok-Man contribue à notre bonheur visuel.

 

Livres sur la Chine 1 : Chine/Inde, la course du dragon et de l’éléphant

L’approche des JO combinée à la montée en puissance de la Chine débouche sur une multiplication des ouvrages consacrés au sujet. Différentes publications ont attiré mon attention. Tout d’abord par curiosité personnelle pour les questions de géopolitique, mais aussi par intérêt professoral car la Chine était le thème que j’avais retenu cette année pour mes rhétoriciens. De ces différents ouvrages parcourus cette année, j’ai été particulièrement convaincu par :

 

Chine/Inde, la course du dragon et de l’éléphant de Martine Bulard aux éditions Fayard. ISBN 978-2-213-63510-1, 19 euros


 


Économiste et rédactrice en chef adjointe du Monde Diplo et responsable du secteur Asie pour ce journal, l’auteure compare les deux géants asiatiques que l’on ne saurait limiter aux images d’Epinal : la Chine est l’usine du monde et l’Inde le bureau, ou bien l’Inde est la plus grande démocratie du monde et la Chine, le plus grand état totalitaire ! Certes tout n’est pas foncièrement déplacé dans ces réductions, mais Martine Bulard sait retoucher ces portraits simplifiés en mettant en avant le réalités économiques et sociales des deux pays titanesques mais aux pieds d’argile. Puissances économiques en devenir, Chine et Inde restent encore des pays majoritairement agricoles avec des tares gigantesques en matière de développement humain : illettrisme (en Inde surtout), malnutrition (en Inde surtout), situation sanitaire, conditions de travail…sans oublier en matière de libertés individuelles et syndicales. Ce cocktail détonnant profite passablement aux entreprises occidentales ainsi les multinationales ont torpillé en mars 2006 un projet chinois d’amélioration des conditions et du droit du travail, mais risquent de faire exploser ces pays.  L’auteure insiste pourtant sur l’esquisse de timides progrès de ces deux états en matière sociale à l’image de l’amorce d’une législation sociale en Chine alors que les élites ont conscience qu’il est indispensable de changer les choses au risques d’explosions. Bien évidement, ces progrès sont très très lents, mais tout de même indéniables. Dans la dernière partie de l’ouvrage, Martine Bulard met en avant les stratégies communes de ces deux géants pour s’immiscer sur la scène géopolitique mondiale, avec l’éternel exemple de l’Afrique où Chinois et Indien prennent pieds, au grand dam des Occidentaux ! Le tout sur fond d’incompréhension des USA !    

 

Bien écrit, bien documenté, complété par des annexes didactiques et un solide appareil de notes, ce livre se place en tête des publications actuelles sur l’Asie. L’auteure parvient à dresser une image pertinente sans tomber dans l’attitude béate d’admiration ou passablement critique. Du solide travail donc !         

 

Un lien proposant des extraits du livre :

 

http://www.marianne2.fr/La-Chine-et-l-Inde,-condamnees-a-servir-l-occident-_a86960.html?voir_commentaire=oui

 

Jeff Koons un “Hypercontemporain” ?

La toute nouvelle collection  “Hypercontemporain” (tiens j’aimerai faire un Wim Delvoye pour eux) des éditions Hazan met en avant la fraîche création contemporaine. Vendue 19 euros, cette série de livres présente en quelques pages l’artiste, explique brièvement qq une de ses œuvres (les pages focus) et en annexe joint : une biographie, une liste des expos et aussi une bibliographique. C’est très didactique autant pour le néophyte que pour l’amateur un peu éclairé.

Né en 1955 aux USA, Jeff Koons s’est imposé comme l’une des stars du marché de l’art (47/100 selon le classement d’ artfacts.net), c’est donc tout naturellement que ce créateur avait sa place dans les premiers titres de la collection, d’autant plus que la littérature en langue française sur le personnage est des plus  minces.  L’œuvre de Koons se satisfait aisément de certaines réductions : c’est très pop art avec un goût prononcé pour le kitsch parfois vulgaire,  Koons est une sorte d’industriel de l’art. Ses œuvres sont exécutées par une flopée d’employés travaillant sur un concept ou une idée donnée par le maître. Car c’est une constante de la création de Koons, il ne réalise pas une œuvre par lui-même !!! Ses œuvres recyclent Warhol et Duchamp dans un langage excessivement simple qui frappe le spectateur le remplaçant dans un univers essentiellement enfantin et ludique et bien peu critique. Dès lors, comment s’étonner que ce prêt-à-porter (ou à penser) de l’art plaise tant aux frais multimillionnaires dont François Pinault grand amateur des réalisations de Koons ; alors que la critique vomit la banalité de ses œuvres. Mais à une époque où l’art contemporain s’est souvent enfermé dans une spirale élitaire et élitiste, le succès de Koons interpelle.  

Largement surfait à notre goût, mais incontournable, Koons mérite une certaine attention à travers ce joli petit livre.    


 

Une présentation sur wikipedia :

http://en.wikipedia.org/wiki/Jeff_Koons

Un lien vers un entretien avec le créateur :

 http://www.lemonde.fr/culture/article/2005/08/30/jeff-koons-la-sexualite-c-est-l-objet-principal-de-l-art_683812_3246.html

Notons qu’en ce moment, on peut personnaliser sa page d’accueil google avec des stylisations de créateurs dans le vent dont…Jeff Koons :

http://www.google.fr/help/ig/art/

La référence du livre :

Sarah Canarutto, Jeff Koons, Hazan, 19 euros.