Peu attrayante pour le tourisme (de prime abord), la région de La Ruhr n’en n’est pas moins un véritable bonheur pour l’amateur d’art. Nous avons déjà parlé de plusieurs musées à Düsseldorf, ou Essen, mais la très (laide) et industrieuse ville de Duisburg héberge l’une des plus importantes collections d’art allemand post-1945 : le Küppersmühle Museum. Différents aspects méritent d’être évoqués :

a) La collection. Elle a été constituée par le magnat de l’immobilier Hans Grothe qui a acheté frénétiquement des séries complètes des grands artistes allemands contemporains : Baselitz, Kiefer, Polke, Hörn…. La collection compte près de 2000 œuvres ! Le propriétaire l’a vendue, en 2005, à l’exception des Kiefer dont il reste un fan absolu et un acheteur frénétique. Un couple de collectionneurs allemands Sylvia et Ulrich Ströher a acheté l’ensemble, mais un accord est intervenu pour conserver les œuvres au Küppersmühle Museum Duisburg.
b)Le quartier. Centre majeur de l’industrie sidérurgique et chimique allemande (ville des premières aciéries Thyssen), port fluvial important, Duisburg possédait de nombreuses friches. Dès lors, à la fin des années 1990, les autorités ont décidé de valoriser ce patrimoine et d’en faire « the place to be ». Un plan d’urbanisme a été dessiné par Norman Foster et a transformé une partie du port en quartier ouvert et moderne avec des bars sympas (et forcément branchés) avec des pistes de promenades. Certains édifices, du patrimoine industriel, ont été sauvegardés dont celui qui héberge de musée.

C) Hans Grothe a acheté d’anciens entrepôts à grains historiques, typiques de l’architecture industrielle allemande, et en a confié la restauration au duo d’architectes suisses Herzog et De Meuron, connus pour la Tate Modern de Londres, le stade de Pékin, le Schaulager de Bâle…Leur intervention, sobre et respectueuse du lieux, a ouvert de grandes salles blanches (6mètres de haut) qui permettent aux gigantesques toiles de s’affirmer et d’inviter le spectateur à la réflexion. Différentes petites ouvertures permettent d’observer le quartier. Enfin, un grand escalier, en spirale, permet d’accéder aux 2 étages du musée, c’est, pour l’instant, le seul ajout « contemporain ».

D) L’avenir. Devant l’impossibilité de s’agrandir à l’intérieur des locaux ou ailleurs en ville car seule une infime partie de la collection est accessible. Le musée, sur les conseils des architectes, va prochainement inaugurer, une extension en altitude…Un énorme parallélépipède de plus 1300 tonnes va être hissé, à 36 mètres de hauteur, au sommet des anciens silos ! Ce sera une prouesse technique absolue car la structure serra hissée, alors qu’elle sera déjà entièrement construite, par des vérins archi-puissants. Cette partie sera ainsi un « phare » qui identifiera le bâtiment tout en déployant, une vue unique sur la région.
Notons pour conclure que le musée est entièrement soutenu par des fonds privés et que son prix d’entrée est très raisonnable par rapport à d’autres institutions….publiques…
Continue Reading...