Saturday, November 7, 2009

Simon Rattle en DVD

La réunion d’Euroarts et Medici.tv a donné naissance à un acteur majeur du monde de la musique en DVD…Les parutions se multiplient autant en opéras qu’en concerts et documentaires. Ainsi Simon Rattle est au centre de 2 récents DVD dont deux méritent le détour. La saison du philharmonique de Berlin est marquée par trois grands évènements médiatiques : le concert de la Saint-Sylvestre, le concert pour l’Europe du 1er mai et les concerts pré-estivaux dans le cadre de Waldbühne…toujours filmés, ces évènements sont fidèlement et annuellement reportés sur DVD…   

 

 

Le concert de la Saint-Sylveste 2007 était centré sur la musique russe : Borodine et Moussorgsky. Du connu avec les Tableaux d’une exposition et les Danses Polovtsiennes mais du rare avec la symphonie n°2 de Borodine (en 15 ans de fréquentation des salles de concerts, je n’ai pas l’entendre qu’une fois !!! et par un orchestre belge peu médiatisé…). Rattle possède un sens naturel de la narration et des couleurs qui conviennent parfaitement à la musique russe. Mais l’élément le plus intéressant du DVD réside dans la captation télévisée. Certes, l’architecture spectaculaire de la philharmonie de Berlin, permet une toute autre flexibilité qu’une salle classique, mais la réalisatrice parvient à trouver des plans intéressants autant dans les tutti que les interventions solistes. Par ailleurs, l’éclairage de la philharmonie de Berlin a été travaillé dans des teintes contrastées qui passent très bien à l’écran, qui rendent les détails de l’architecture de la salle et qui surtout ne tombent pas de plafond de manière frigorifique…Un modèle du genre…

 

 

L’autre DVD propose le concert pour l’Europe 2008, filmé dans la grande salle du conservatoire de Moscou. Stravinsky, Bruch (avec Vadim Repin) et Beethoven par un orchestre déchaîné et un chef inspiré : la symphonie n°7 de Beethoven mérite l’attention par la précision de l’orchestre et l’énergie déployée par Rattle.

 

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Friday, November 6, 2009

La langue de bois…toute une histoire

 

Le Canard enchaîné de cette semaine proposait une chronique de l’Histoire de la langue de bois de Christian Delporte (Flammarion). Je n’ai pas résisté à la tentation d’acquérir ce livre qui fut dévoré en quelques heures….

 

L’auteur dresse un portait historique de cette pratique orale qui connaît de très beaux jours depuis la révolution française (tout compte fait, la langue de bois est indissociable de la naissance de l’opinion publique et des premières pratiques d’expression démocratiques). Si les régimes totalitaires sont des adeptes des formules creuses….la démocratie reste également une très grande pourvoyeuses tant est si bien que cette langue de bois paraît presque….inévitable…avec ses recadrages sémantiques destinés à cacher sous des couches de langue de bois des vérités que l’on veut éviter ou préparer l’opinion à de nouvelles réformes forcément « inévitables ».

 

Les chapitres consacrés à notre époque sont ainsi des moments aussi enthousiasmants que pathétiques : Le « Parler vrai » Sarkozyste se trouve ainsi passé à la moulinette. 

 

Pour terminer cette évocation et pour le plaisir de la « formule », on ne peut s’empêcher de citer Jean-Pierre Raffarin dans l’une de ses plus belles sorties lexicales «  dans cette situation, notre route est droite, mais la pente est forte ! »…. Après la pluie viendra le beau temps…     

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Wednesday, November 4, 2009

La presse en ligne reconnue en France !

Je reprends ici une dépêche AFP citée sur le site internet du Monde. Grande nouvelle donc pour toute la presse en ligne avec la reconnaissance d’un statut d’éditeur de presse en ligne. C’est pour un site Internet comme Resmusica et pour tous les médias publiés uniquement sur la toile, une grande avancée ! La France, à l’inverse de la Belgique reste assez craintive et peureuse devant internet.  Tout cela devrait changer !

 

 

Un décret définit le statut d’éditeur de presse en ligne

LeMonde.fr avec AFP | 02.11.09 | 17h01  •  Mis à jour le 02.11.09 | 19h36


La loi de protection de création sur Internet (Hadopi) a créé le statut d’éditeur de presse en ligne. Les conditions d’obtention de ce statut ont été précisées dans un décret publié le 29 octobre au Journal officiel.

Les critères déterminants permettant à un site Internet de recevoir ce statut sont donc la “mission d’information professionnelle”, la “production journalistique de contenus originaux et renouvelés”, qui ne sont “ni outils de promotion ou accessoires propres à une activité industrielle ou commerciale”, et, enfin, l’emploi “d’au moins un journaliste professionnel” (au sens de l’article L. 7111-3 du Code du travail).

Sont donc éligibles les sites Internet des titres de presse papier mais aussi les “pures players”, c’est-à-dire éditeurs travaillant uniquement en ligne, non adossés à un groupe de presse classique comme Rue89 ou Mediapart. En revanche, “les sites Internet personnels et les blogs, édités à titre non professionnel”, ne peuvent prétendre à ce statut.

Les entreprises concernées vont pouvoir bénéficier d’un fond d’aide spécifique de 20 millions d’euros, et de la mise en place d’avantages fiscaux spécifiques mais toujours pas d’une TVA à 2,10%. Par ailleurs, la responsabilité pénale du directeur de publication est allégée afin de tenir compte des espaces participatifs, blogs, forums et commentaires, sur lesquels les internautes peuvent s’exprimer.

Le 26 octobre, plusieurs responsables de sites de presse en ligne (Médiapart, Rue89, Bakchich, Slate, Terra Eco,…) ont annoncé la création du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) afin de faire reconnaître le journalisme sur Internet.

 

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3234,50-1261790,0.html

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Sunday, November 1, 2009

Debussy face à face !

Deux disques,  assez récents, consacrés à Debussy sont l’occasion d’évoquer deux chefs de la scène actuelle.

 

Directeur musical de nos voisins de l’orchestre philharmonique du Luxembourg, Emmanuel Krivine vient d’entreprendre pour Timpani, une anthologie de la musique orchestrale du compositeur français. Le volume n°1 est centré sur deux « tubes » : La Mer et les Images pour orchestre. Le chef qui connaît son Debussy sur le bout des doigts sait rendre la subtilité des alliages instrumentaux de ce sorcier de l’orchestre. C’est très bien tenu et construit mais assez avare de sensualité et d’exotisme. Les teintes grises et mates de l’orchestre ne rendent aussi pas service à cette musique d’enchantement. Par ailleurs, la prise de son se révèle éteinte….

 

 

 

Changements d’ambiances avec l’édition par RCA d’un album Debussy que le jeune Mikko Franck a enregistré avec le philharmonique de Radio-France en 2006. Mikko Franck est en passe de rester comme l’une des nombreux météorites de la direction. Lancé, à l’orée des années 2000, par un enregistrement fracassant des quatre légendes Lemminkainen de Sibelius (Ondine), le chef passait alors pour le grand espoir de la direction. Mais des ennuis de santé, un répertoire limité et une phobie des voyages lui ont [et continuent] de lui nuire considérablement. Ses annulations étant plus nombreuses que ses apparitions (Pascal Rophé vient récemment de le remplacer pour des concerts à Séoul), cela fait longtemps que l’on ne l’a plus vu au pupitre…Cet album Debussy, enregistré il y a 3 ans, souffle le chaud et le froid. On passe sur un Prélude à l’après midi d’un faune, particulièrement survolé pour s’intéresser à des Images bien sculptées et rendues ; sans s’avérer froid, le chef concilie la précision et le sens du rythme. L’orchestre philharmonique de Radio-France sonne aussi très bien ! Une très belle version de cette pièce !

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Thursday, October 29, 2009

La puissance militaire chinoise

La revue Monde chinois de la fondation Choiseul propose un numéro centré sur la puissance militaire chinoise. C’est un sujet peu parcouru par les études francophones et soumis à de nombreux mythes et fantasmagories. Les articles remettent les idées en place sur la force militaire de ce géant économique mais encore nain militaire qui ne possède pas encore l’armée digne de son rang économique. Du moins pas encore, car après des années de disette, les dirigeants chinois investissent dans leur armée…

 

De nombreux domaines sont passés au crible et l’un des plus intéressants réside dans l’article consacré à « l’information, arme de déstabilisation ».  Partant d’une analyse des récents conflits et de la multiplication des guerres de quatrième génération (on parle aussi de guerres asymétriques), l’armée chinoise investit dans la guerre de l’information et l’Internet.

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Monday, October 26, 2009

Mahler, le combat de générations II

 

 

 

Suite de la confrontation de générations dans des symphonies de Mahler avec deux orchestres bavarois : ceux de Bamberg et de Munich.

 

 

Vétéran des podiums et solide routier des pupitres, l’Indien Zubin Metha est surtout un chef de concert adulé des musiciens pour sa capacité à leur soutirer le maximum en concert. Bien que n’assumant plus la fonction de directeur de l’opéra de Munich, le chef reste un fidèle de l’orchestre avec lequel il se produit ponctuellement en concert. Ce tandem nous sort, sous étiquette Farao, une symphonie n°5 de Mahler. On sait Metha en phase avec Mahler mais ce concert n’est qu’une belle interprétation de routine que le chef survole.  

 

 

Changement d’ambiance avec le brillant Jonathan Nott qui nous offre une lecture très intellectuelle de la symphonie n°9. Bénéficiant d’un orchestre d’une plasticité saisissante et d’une précision technique à toute épreuve, Nott dépassionne le débat et accorde une importance primordiale aux différentes séquences et aux dynamiques. L’exploit du chef réside dans sa capacité à garder une grande cohérence dans la structure des mouvements et évite ainsi une trop grande disparité entre les thèmes. Certes, on peut toujours préférer Bernstein, Walter, Klemperer, Boulez, Haitink, mais le chef qui arrive ici à un niveau de maturité sans équivoque a beaucoup d’atouts à faire valoir. C’est mille fois plus intéressant que le disque survolé d’Alan Gilbert chez Bis. 

 

 

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Saturday, October 24, 2009

Art contemporain Chinois au PBA de BRuxelles

 

 

Europalia Chine amène au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles différentes expositions dont une qui croise l’art contemporain belge et chinois. Fruit du travail de deux commissaires chinois (l’architecte et plasticien : Ai Weiwei) et belge (le peintre Luc Tuymans), cette manifestation interroge.

 

Tout d’abord, du côté belge, il faut regretter l’archi-domination des peintres du Nord du pays. Certes la scène flamande est énergique et conquérante, mais pour le commissaire belge, la scène wallonne est une terre absolument inconnue…à deux exceptions près…

 

Le propos de l’exposition n’est pas clair et visiblement les deux commissaires ont travaillé séparément et les œuvres exposées tirent plus vers le catalogue partiel que vers l’exposition cohérente et organisée.

 

 

 

Le dernier reproche tient surtout à la qualité des œuvres exposées. Beaucoup d’œuvres inabouties et peu convaincantes. Un point intéressant à relever quand même : l’art contemporain chinois semble bien mois foncièrement extrémiste et gratuitement provocateur que l’art actuel occidental. Par ailleurs, il est salutaire de constater que la peinture est très présente dans cette exposition.

 

Proposée en complément de cette exposition, la petite présentation de photographies contemporaines chinoises sur le thème de la nature morte s’avère plus intéressante. La variété des artistes représentés montre une grande diversité d’approches et le traitement du sujet témoigne d’un questionnement et d’une nostalgie sur un monde en plein changements ainsi qu’un refus du spectaculaire et du gratuit. Cette dernière exposition étant gratuite, nous la recommandons vivement.

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Thursday, October 22, 2009

Hosokawa chez NEOS

 

J’avais assisté à la création mondiale de sa pièce pour orchestre Circulating Ocean au festival de Salzbourg 2004 sous la direction de Valery Gergiev. Reprise ensuite par l’ONB, sous la direction de Patrick Davin, cette pièce émerveillait par la beauté de ses textures et de ses climats.

 

Le label allemand NEOS, spécialisé dans la musique contemporaine, édite un album regroupant 3 de ses concertos par des équipes allemandes.

 

De ses trois pièces, on aime surtout : le concerto pour flûte Per-Sonare (1988), première partition concertante de l’artiste. La flûte est un pont entre le Japon et l’Europe et Hosokawa se plaît à faire sonner sa pièce avec de nombreuses réminiscences de l’orient. Les sons se fusionnent dans un paysage sonore vaporeux et auroral qui transporte l’auditeur dans un univers enchanteur et poétique. C’est un peu du Turner musical à la sauce japonaise.

 

De la musique contemporaine, travaillée, intelligente, subtile et poétique…

 

ET comme toujours les disques NEOS sont de très beaux objets et les notices de présentations sont simples et claires…

 

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Sunday, October 18, 2009

Aéro Artbook

Alors que le musée de l’Armée de Bruxelles accueille une exposition intitulée : les BD attaquent à l’aube avec différentes planches éparpillées dans le musée, les éditions Paquet 

compilent différentes unes réalisées par l’auteur Christophe Gibelin pour le magazine le Fana de l’aviation. Scénariste et coloriste de bande dessinée, Christophe Gibelin est co-auteur des Ailes de plomb.

 

 

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Tuesday, October 13, 2009

Jon Oivind Ness, la musique qui vient du froid

 

C’est un poncif, mais la musique contemporaine scandinave présente une variété stylistique et une richesse absolument considérable…Chaque génération apporte son flot de nouveaux talents et les Saariaho, les Lindberg ou les Salonen cachent une floraison de compositeurs.


 

Dernier arrivé le Norvégien Jon Oivind Ness à qui Simax offre un disque orchestral avec l’orchestre philharmonique d’Oslo.

 

Ness revendique de nombreuses influences du rock à Stravinsky en passant par Frank Zappa. Sa musique est à la recherche d’un sens de la mélodie, de la transparence des textures et surtout d’une pulsation jubilatoire. Les œuvres présentées sur ce disque proposent des partitions composées entre 2002 et 2007 qui illustrent bien ces recherches artistiques.

 

Le jeune homme possède un sens naturel de l’orchestre et de ses couleurs et sait créer des climats et des ambiances. De ce programme bigarré et haut en couleurs, on préfère le concerto pour violon Mad Cap Tootling et surtout Low Jive, scherzo démoniaque pour grand orchestre dans la lignée de Helix de Salonen ou Act de Rolf Wallin : une musique rapide, énergique qui pulse transcendant tous les pupitres de l’orchestre. Du Red Bull en version symphonique…

 

En plus l’objet discographique est magnifique par son graphisme et ses couleurs.

 

 

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