Voie de garage

Voie de garage pour ce blog en pause presque définitive.

L’aventure du blog se termine ici, le travail à Resmusica, les livres et d’autres activités rendent sa tenue régulière de moins en moins probable.

Mais tous les textes restent en ligne car au fond un blog, ou un site, ça ne meurt jamais.

Merci à toutes et tous d’avoir suivi ces papiers régulièrement

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Villa-Lobos en coffret

Villa-Lobos dirige Villa-Lobos

EMI ressort en coffret économique et dans un packaging évocateur de l’Amazonie son « Villa-Lobos dirige Villa-Lobos ». Rien de neuf car il s’agit du coffret « Les introuvables de Villa-Lobos » édité par EMI France dans les années 1990 et repris intégralement. On retrouve donc toutes les gravures du compositeur-chef à la tête de l’Orchestre National de la Radiodiffusion française. Le cœur de ce coffret réside dans les Bachianas Brasileiras, l’oratorio la Découverte du Brésil  et le Chôros n°11. Notons qu’il manque à ce coffret l’enregistrement légendaire de la Forêt d’Amazonie, enregistrée avec la grande Bidu Sayao et le Symphony of the Air, et furtivement réédité par EMI-USA dans les années 2000.

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Michael Tilson-Thomas 1

Il était en tournée à Paris et Bruxelles, mais aussi à travers l’Europe avec son Orchestre de San Francisco. Désormais assez rare en Europe, Michael Tilson-Thomas (MTT pour les connaisseurs) reste pourtant l’un des chefs les plus importants du moment ! Il est certainement l’un des plus actifs diffuseurs de la musique classique avec des initiatives indispensables comme les célèbres Keeping Score, voyage au cœur d’une partition :

http://www.keepingscore.org/

Il est également l’animateur du New World Symphony Orchestra, qui est une académie orchestrale pour les jeunes musiciens des USA. Sa discographie, relativement modeste en terme quantitatif par rapport à d’autres chefs de sa génération est centrée sur la musique américaine et surtout les « modernistes » américains comme Ives, Ruggles, Feldman et russes Stravinsky ou Prokofiev. Son intégrale des symphonies de Charles Ives, pour Sony, reste techniquement la meilleure disponible avec un chef à la battue précise qui exhale la modernité de cette musique. Mais MTT est un chef capable de passer à d’autres genres, on lui doit un disque magistral de musiques d’Amérique du Sud et surtout un album Kurt Weill indispensable.

Ives: Symphonies Nos. 1 & 4

Tangazo

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La fête du siècle, l’Italie de Berlusconi en Roman.

Gros succès en Italie lors de sa parution (2009) avec 500.000 exemplaires vendus, La Fête du Siècle (Che La Festa Cominci) est désormais traduit en français (éditions Robert Laffont) et très favorablement accueilli par la presse (1 article louangeur dans La Libre Belgique et une pleine page dans Le Point).

Un magnat de l’immobilier, fortement parvenu, souhaite organiser la fête du siècle, pour célébrer l’inauguration de « sa » Villa Ada, haut lieu de l’histoire romaine, rachetée à un état italien au bord de la banqueroute. Tout ce que l’Italie compte de VIP, entrepreneurs, footballeurs, starlettes, nymphettes de la TV est au rendez-vous. On retrouve même un écrivain sur le retour qui vit, imbu de lui-même, dans son passé et une bande de pieds-nickelés satanistes « les Enragés d’Abbadon » à la recherche de leur entrée dans l’Histoire…

La fête du siècle

La satyre de l’Italie contemporaine, et de celle de Berlusconi et ses fêtes, est brillante.  L’humour féroce de l’auteur verse de l’acide sur les plaies d’un pays en pleine dégringolade ou ne vaut que ce qui brille tandis que tous les coups, absolument tous les coups, sont permis pour « réussir », du moins être médiatiquement visible : du vol, à la corruption en passant par la promotion canapé. La séduction, du moins le paraître, semblent être les seuls maîtres mots des personnages du roman, gavés de Botox et de cocktails de drogue. Tout compte fait n’était-ce pas prémonitoire des sociétés européennes ?

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La symphonie espagnole de Lalo

Il fut un temps où cette partition d’Edouard Lalo fut un tube des salles de concerts et jusqu’aux années 1990, elle resta l’un des piliers du répertoire.  Elle était même un passage obligé pour  les grands virtuoses du début du XXe siècle qui, presque tous, l’ont enregistrée à plusieurs reprises bénéficiant des progrès techniques de l’enregistrement.

Symphonie espagnole

L’œuvre fut créée par le légendaire Pablo de Sarasate, son dédicataire, en 1875. Il est possible que l’ibérisme de carte postale, très imaginaire de la fin du XIXe, est désormais plus éloigné des sensibilités actuelles mais, à mon sens, l’œuvre, qui tire plus vers la fantaisie concertante, n’est plus dans les tablettes des jeunes virtuoses qui peinent à l’utiliser pour briller lors des concours (il ne me semble pas l’avoir entendue au programme des finalistes du Reine Elisabeth). Il n’empêche, il s’agit d’un vrai chef d’œuvre, assez en avance sur son temps, car, à cette époque, l’exotisme n’était pas encore de rigueur (Carmen de Bizet fut créée la même année). Donc, pour les archers à la fantaisie narrative et à l’assurance technique, il y a de quoi s’amuser.

La discographie est assez vaste et compte une grande partie de références anciennes. On retrouve : Menuhin, Milstein, Kogan, Oïstrakh,  Heifetz, Francescati, Szeryng…qui méritent tous une écoute attentive. Des quinquagénaires ou sexagénaires actuels du violon : Perlman (EMI), Mintz (DGG) ou Zukerman (CBS/Sony) ont laissé de belles versions, fréquemment rééditées en collections économiques. Plus près de nous, Anne-Sophie Mutter avait enregistré l’œuvre avec Ozawa pour EMI de même que le sous-estimé Christian Tetzlaff pour Virgin sans oublier Augustin Dumay avec Michel Plasson (EMI) ou Pierre Amoyal avec le vénérable Paul Paray (Erato).

Lalo : Symphonie Espagnole - Saint-Saëns : Concerto Pour Violon N°3

Depuis c’est un peu le trou noir. On dénombre seulement des lectures de Vadim Repin (mal secondé par Nagano) pour Erato, Maxim Vengerov, très pertinent (EMI). Seuls deux violonistes français se sont récemment attachés à cette œuvre. Olivier Charlier (Chandos) et Jean-Jacques Kantorow (Bis). Ces derniers disques, 100% Lalo, sont éditorialement bien venus.

Lalo - Symphonie Espagnole

Je reste aussi attaché à une version au style absolument parfait, même si l’orchestre n’est pas techniquement le plus affûté du monde : Arthur Grumiaux et l’Orchestre Lamoureux sous la conduite de Manuel Rosenthal (Philips).

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Georges Auric, ballets russes, mais à l’allemande…

Alors que nos chers orchestres français ont complètement abandonné l’exploration du patrimoine musical français, le label allemand Hänssler, publie, dans sa série consacrée aux Ballets russes, un album centré sur Georges Auric.

Auric 7: Ballets Russes / Facheux / Pastorale

Il s’agit du volume n°7, de cette collection qui vise à mettre sur disque, les partitions illustres et moins illustres de la légendaire compagnie de danse. Si les 6 premiers volumes ne reprenaient que les tubes (ou presque) ce volume est éditorialement pertinent car il additionne le ballet Les Fâcheux au très rare La Pastorale, proposée en première mondiale.

Composés dans les années 1920, ces 2 ballets, furent important artistiquement car :

1)      Les Fâcheux (1924) est un ballet inspiré de l’univers de Molière dont les décors étaient signés de George Braque et la chorégraphie de Bronislava Nijinska.

2)      La Pastorale (1926) fut chorégraphiée par George Balanchine.

Sans toucher au génie, la musique de Georges Auric est habilement troussée, avec une orchestration efficace et un sens élégant des mélodies, sans oublier un humour « années folles » si français car stylé, élégant mais délicieusement polisson et irrévérencieux. Bien hélas, le chef d’orchestre Christopher Poppen, est un piètre maître de cérémonie. Sa direction, archi-rectiligne, s’avère rigoureuse mais terne narrativement et musicalement. On assiste à une succession de morceaux, parfois menés avec un sens très relatif de la finesse… L’orchestre de la radio de Saarbrücken (désormais nommé Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserlautern) est pourtant techniquement au point.

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Küppersmühle Museum Duisburg

Peu attrayante pour le tourisme (de prime abord), la région de La Ruhr n’en n’est pas moins un véritable bonheur pour l’amateur d’art. Nous avons déjà parlé de plusieurs musées à Düsseldorf, ou Essen, mais la très (laide) et industrieuse ville de Duisburg héberge l’une des plus importantes collections d’art allemand post-1945 : le Küppersmühle Museum. Différents aspects méritent d’être évoqués :

a) La collection. Elle a été constituée par le magnat de l’immobilier  Hans Grothe qui a acheté frénétiquement des séries complètes des grands artistes allemands contemporains : Baselitz, Kiefer, Polke, Hörn…. La collection compte près de 2000 œuvres ! Le propriétaire l’a vendue, en 2005,  à l’exception des Kiefer dont il reste un fan absolu et un acheteur frénétique. Un couple de collectionneurs allemands  Sylvia et Ulrich Ströher a acheté l’ensemble, mais un accord est intervenu pour conserver les œuvres au Küppersmühle Museum Duisburg.

b)Le quartier. Centre majeur de l’industrie sidérurgique et chimique allemande (ville des premières aciéries Thyssen), port fluvial important, Duisburg possédait de nombreuses friches. Dès lors, à la fin des années 1990, les autorités ont décidé de valoriser ce patrimoine et d’en faire « the place to be ». Un plan d’urbanisme a été dessiné par Norman Foster et a transformé une partie du port en quartier ouvert et moderne avec des bars sympas (et forcément branchés) avec des pistes de promenades. Certains édifices, du patrimoine industriel, ont été sauvegardés dont celui qui héberge de musée.

C) Hans Grothe a acheté d’anciens entrepôts à grains historiques, typiques de l’architecture industrielle allemande, et en a confié la restauration au duo d’architectes suisses Herzog et De Meuron, connus pour la Tate Modern de Londres, le stade de Pékin, le Schaulager de Bâle…Leur intervention, sobre et respectueuse du lieux, a ouvert de grandes salles blanches (6mètres de haut) qui permettent aux gigantesques toiles de s’affirmer et d’inviter le spectateur à la réflexion. Différentes petites ouvertures permettent d’observer le quartier. Enfin, un grand escalier, en spirale, permet d’accéder aux 2 étages du musée, c’est, pour l’instant, le seul ajout « contemporain ».

Extension of the MKM Museum Küppersmühle, Design Herzog & de Meuron / Photo: Herzog & de Meuron

D) L’avenir. Devant l’impossibilité de s’agrandir à l’intérieur des locaux ou ailleurs en ville car seule une infime partie de la collection est accessible. Le musée, sur les conseils des architectes, va prochainement inaugurer, une extension en altitude…Un énorme parallélépipède de plus 1300 tonnes va être hissé, à 36 mètres de hauteur, au sommet des anciens silos ! Ce sera une prouesse technique absolue car la structure serra hissée, alors qu’elle sera déjà entièrement construite, par des vérins archi-puissants. Cette partie sera ainsi un « phare » qui identifiera le bâtiment tout en déployant, une vue unique sur la région.

Notons pour conclure que le musée est entièrement soutenu par des fonds privés et que son prix d’entrée est très raisonnable par rapport à d’autres institutions….publiques…

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