Le Festival de Verbier

Musique 31 July 2010 | 0 Comments

Je n’avais jamais encore été  au festival de Verbier ! C’est donc à l’occasion de cette 17éme édition que j’ai escaladé la route menant à la station du Valais.

Si je n’avais jamais été à Verbier, c’est, qu’entre autre, je craignais pour les conditions acoustiques, ayant entendu parler de la « tente » provisoire qui hébergeait les concerts symphoniques. Cette édition 2010, voit le festival s’installer dans une  nouvelle structure temporaire. Forte d’une jauge de 1700 places assises, cette salle, en forme extérieure de parallélépipède minimal, présente des qualités acoustiques exceptionnelles pour la musique de chambre et très satisfaisante pour les concerts symphoniques.

Mais l’atout du festival réside dans la dynamique créée autours de la musique. Par des concerts gratuits, des master-classes, des conférences, tous les publics peuvent s’approprier la musique.  La musique est absolument partout et même dans les télécabines…Ainsi, on peut grimper aux sommets environnants, en compagnie d’un jeune artiste de l’Académie, jouant dans la télécabine !

Le festival repose sur une forte présente de sponsors et de  donateurs privés (les Amis du festivals achètent 50% des tickets). Le lien  entre ces amis et la manifestation est très fort, car nombre d’entre eux sont bénévoles et aident à l’organisation des concerts. Par ailleurs, les après concerts sont l’occasion de soirées, fort sympathiques, avec les artistes dans des domiciles des particuliers. Je trouve intéressant et dynamique de casser l’image du classique et surtout des festivals comme Aix, Salzbourg et même Lucerne où la ville est coupée du festival sans franchement de connexions entre les habitants et les festivaliers. C’est certainement plus facile à faire dans une station de ski que dans une ville touristique comme Aix et Salzbourg…mais l’idée n’a certainement jamais effleurée les esprits à Salzbourg où justement l’image du festival repose sur ce côté : cher, chic et fermé à la populace. C’est aussi l’évidence même : il faut aussi sortir des salles de concerts et aller chercher le public partout où il peut être ! Mais cet aspect, peu l’ont encore compris !

Par ailleurs, la présence des artistes pendant toute la durée du festival créée une ambiance détendue loin des tracas quotidiens de planning. Chacun joue, va écouter ses amis et va prendre un verre en terrasse. On se retrouve même à la salle de presse à côte d’E.KIssin (très sympathique et avenant à l’inverse de l’image qu’on lui colle souvent !)

Les concerts sont disponibles en streaming sur medici.tv

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De l’art et du couplage : Haydn-Ginastera et Stravinsky par Leonard Slatkin.

Musique 30 July 2010 | 0 Comments

Il est désormais acquis, dans le milieu du disque classique que pour être « vendable » un disque se doit d’être monographique…Fini donc, sauf rares exceptions, le temps des disques récitals hybrides et disques thématiques. C’est terminé car ce serait trop dur à vendre….car difficile à classer…chez les disquaires et chez soi… Mais au temps des vaches grasses du disque classique, on ne se préoccupait pas franchement de tels détails. Ainsi, en 1993, RCA a publié un album Haydn, Ginastera et Stravinsky, enregistré par l’orchestre de Saint-Louis et son chef d’alors Leonard  Slatkin, le futur patron de l’orchestre de Lyon.

Le programme du disque est pourtant très intelligent, et tente de dépasser les frontières historiques et stylistiques, tout en s’articulant autours du thème du chaos et des cultes païens aux saisons !

Le disque commence par la « représentation du Chaos » extrait de la création de Josef Haydn. Après cette brève introduction, l’orchestre propose, la première mondiale, de POPOL VUH, dernière œuvre d’Alberto Ginastera. Commencée en 1975, cette œuvre ne fut jamais terminée, laissée inachevée à la mort de son créateur, en 1983. Pourtant, 7 des 8 parties envisagées étaient finies mais l’œuvre, commande de l’Orchestre de Philadelphie, ne fut jamais jouée. Le chef Leonard Statkin en donna, la création mondiale en 1989. La partition est une sorte de Sacre du printemps Maya, articulé autour des dieux de la mythologie de cette civilisation. Le compositeur retourne à une esthétique primitive de ses débuts, déchaînants les éléments orchestraux et burinants les contours. Une partition a découvrir ! Espérons que Dudamel s’en empare !

Enfin pour clore, cet album, Le Sacre du Printemps en version originale.

Professionnel à l’américain, Leonard Slatkin reste un chef très inégal (je me souviens d’une terrible symphonie n°9 de Beethoven lourde et amorphe) mais qui peut s’avérer très incisif dans la musique du XXe siècle. Ainsi, son Sacre, assez buriné et primitif, s’impose comme une bonne version du « deuxième groupe ». C’est à dire juste derrière le peloton de tête des Dorati, Salonen, Boulez…L’orchestre, très concentré explose dans les tutti, bien mis en valeur par une belle prise de son.

Passé complètement inaperçu à sa sortie, ce disque ne risque pas d’être ressorti…. En tout cas, c’est certainement l’un des couplages les plus inattendus de ma discothèque et au fond j’aime bien le concept ce cet album !

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Seiji Ozawa et la musique russe

Musique 29 July 2010 | 0 Comments

Outre la musique française, la musique russe est une terre de prédilection de Seiji Ozawa. Ses gravures des ballets de Tchaïkovski et son Roméo et Juliette de Prokofiev, à la tête de l’orchestre de Boston (DGG) restent des pierres angulaires de la discographie. Mais, on l’oublie trop souvent, Stravinsky est un compositeur que le chef sait cerner avec toute l’attention requise.

A ses débuts, le musicien avait marqué les auditoires avec quelques gravures exceptionnelles. En 1968, le jeune chef monte au pupitre de l’orchestre de Chicago pour un Sacre du printemps renversant (RCA). A la fin des années 1960, l’orchestre reste un monstre technique façonné à la dure discipline des années Fritz Reiner. Sous une battue précise et éruptive, l’orchestre se tord et se convulsionne dans l’une des meilleures interprétations du Sacre au disque. En complément de ce disque, le chef retrouve son orchestre de Boston pour Petrouchka de Stravinsky, moins percussive que le Sacre, cette lecture est marquée par un invité de marque : le jeune Michael Tilson-Thomas au piano.

Stravinsky : Le Sacre du Printemps ; Petrouchka ; Feux d'artifice

L'Oiseau de Feu

Traversant l’Atlantique et posant ses bagages à Paris, le chef enregistre un Oiseau de feu avec le jeune orchestre de Paris (EMI). Ozawa se sert des teintes alors rauques de l’orchestre pour livrer un Oiseau de feu (en version intégrale), fauviste et bariolé de couleurs. Autres grandes réussites du chef dans Stravinsky : Oedipus Rex avec Jessy Norman (Philips). J’avoue de ne pas avoir mis la main sur sa lecture du Rake’s Progress (Philips).

Autre fétiche du chef : Tchaïkovski et ses symphonies, domaine ou le chef est multirécidiviste. On lui doit ainsi trois versions de la Pathétique avec l’Orchestre de Paris, L’Orchestre de Boston et son orchestre japonais Saito Kinen. Curieusement, je trouve que le chef n’a jamais trop réussit ces partitions. Pour la curiosité, on écoutera une symphonie n°5, gravée à Berlin, après la mort de Karajan pour DGG. On sera surpris de la lourdeur du trait et du manque de fini orchestral….

Autre belle réussite dans la musique russe : un album Rimski-Korsakov à Vienne (1993) pour philips : Schéhérazade et la Grande Pâque russe . Loin de toute barbarie ou sonorité russe, le chef se plait à caresser les teintes somptueuses de l’orchestre. Pour la vérité stylistique, on repassera, mais la leçon de direction, c’est saisissant. Cette oeuvre est aussi une spécialité du chef qui l’a gravé à 3 reprises : Chicago (EMI), Boston (DGG) et Vienne (Philips)

RIMSKY-KORSAKOV:SCHEHERAZADE [

Dernier temps de ce parcours, une intégrale des symphonies de Prokofiev à Berlin. Gravée au fil des années 1990, cette lecture n’a jamais été très populaire chez les critiques. Pourtant, la précision de chef qui sait déchaîner les tumultes et équilibrer les lignes reste un choix judicieux. Cependant, le chef rate la symphonie n°1, trop lente et joue la version révisée de la symphonie n°4 qui n’est pas l’édition la plus pertinente.

Prokofiev : les 7 Symphonies - Lieutenant Kijé

Enfin, quelques lignes sur ses accompagnements de solistes, essentiellement pianistiques dans les œuvres de Rachmaninov, Tchaïkovski ou Chostakovitch. Le chef  y est un accompagnateur attentif et stylé, servant, sur un plateau un bel écrin orchestral à des stars comme : K.Zimmerman, M.Rostropovitch, G.Kremer, E.Kissin, A.Volodos…

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Seiji Ozawa et Berlioz (DGG)

Musique 24 July 2010 | 0 Comments

Suite de notre évocation de la discographie de Seiji Ozawa avec un gros plan sur ses Berlioz pour DGG.

Berlioz: Damnation De Faust

Lors de ses années auprès du Boston Symphony Orchestra, le chef avait gravé les 3 partitions orchestrales essentielles : l’inévitable fantastique, Roméo et Juliette et la Damnation de Faust.

Si je n’ai jamais accroché à la Fantastique plutôt survolée et dépassée par d’autres enregistrements, mais Roméo et Juliette bénéficie d’une interprétation à la fois précise, subtile et allante. En gros, ce disque, gravé en 1976, regroupe toutes les qualités du chef qui sait être méticuleux sans jamais être froid (genre Boulez ou parfois Gardiner). Les timbres du BSO sont un tapis magnifique avec la vérité des couleurs et un fini technique qui faisait alors défaut aux orchestres français !

Berlioz,Ravel:Symphony Works

La distribution est excellente avec José van Dam, Jean Dupouy et Julia Hamari (un peu trop large de voix quand même). Le catalogue Universal regorge de Roméo et Juliette (Baremboim, Dutoit, Boulez, Colin Davis…) et cette version n’a jamais été fréquemment disponible en CD ! C’est bien dommage !

La Damnation de Faust est plus problématique. Le chef et l’orchestre sont des miracles, le chœur est plutôt bon, mais les chanteurs anglophones, même s’ils sont valeureux, peinent dans la prononciation et le style : Edith Mathis, Stuart Burrows et Donald McIntyre.

La prochaine étape de l’évocation de la discographie du chef japonais sera son apport à la musique russe.

Ce blog prend quelques jours de congé à l’occasion d’un déplacement au festival de Verbier et sa pluie de stars (Dutoit,, Kavakos, Bell, Wang, Angelich, Hope…)

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Livre en format électronique : quelques reflexions

Livres 24 July 2010 | 0 Comments

Différents articles parus ces jours-ci creusaient, encore et toujours, le thème du livre numérique.

D’un côté, on apprenait par des chercheurs émérites qu’il était plus facile de lire sur du papier que sur un e-book. Enfoncer de telles portes ouvertes laisse toujours pantois : je pense affirmer aisément, et sans trop me mouiller, qu’écouter un CD d’un label hifiste sur une chaîne haut de gamme est plus confortable que sur son baladeur numérique dans le métro…

L’autre événement, qui a fait coule beaucoup d’encre et qui agite les claviers, est l’annonce faite par Amazon que les ventes de livres numériques sont en passe de supplanter celles des livres papiers. Bien évidemment, cette interprétation découle d’une lecture assez particulière et optimiste des chiffres.

Mais, je souhaite m’attarder cet article publié hier dans Le Monde et dont je vous recommande la lecture :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/07/22/pourquoi-la-france-est-elle-a-la-traine_1391008_651865.html

Sa lecture m’a laissé largement sceptique et perplexe devant l’attitude des maisons d’éditions françaises.. Qu’attendent-elles ? Certes, le marché est encore une niche, mais l’Histoire joue largement en faveur de l’évolution vers des support dématérialisés. L’industrie du disque n’a pas vu venir la passe des MP3 et la chute du marché du disque physique. Aucune leçon de l’Histoire n’a été tirée :

1)    Tout d’abord, la multiplicité de l’offre en livre numérique sur le marché français  me fait bien rire. On sait tous qu’en matière de téléchargement, seules les grosses structures s’en sortent.. En dehors, d’itunes, fnac.com et virginmedia.fr, toutes les tentatives ont été des échecs (on pense surtout à un site qui s’est fait plus gros que le boeuf…). Il me semble impensable que les éditeurs ne pensent pas à se regrouper. Après tout, les prix du livres sont encadrées en France et regroupés en catégories…Cela ne devrait pas être compliqué…

2)    A trop tarder et à maintenir des prix très élevés (la différences entre un vrai livre et un format numérique est faible et frise le scandale absolu !), ils ne font (et c’est prouvé) qu’encourager la piraterie et le téléchargement illégal.  Donc de nuire : aux auteurs et à eux-même.  Tout compte fait, ces gros mastodontes sont-ils incapables de prendre le tournant  de l’Histoire ? Incapables de prendre des risques, voulant, encore et toujours gagner sur tous les fronts…

Il ne faut pas opposer livre papier/livre comme il ne faut pas opposer MP3 et CD…Les deux supports sont complémentaires ! Comme le téléchargement a permis de rendre à nouveau disponible des disques supprimés depuis des lustres, le livre numérique permettra de mettre à nouveau sur la marché des livres non-réédités ! Ce sera même une chance pour le marché et les lecteurs ! Autre intérêt : rendre disponible gratuitement des auteurs classiques et même des classiques oubliés, un peu dans le genre de base de données pour l’Histoire. A une époque où la lecture des classiques est progressivement abandonnée par l’école, ce sera tout un même un progrès.

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Rapt !

Cinéma 23 July 2010 | 0 Comments

Un peu de cinéma pour changer !

On se réjouit de l’édition en DVD du Rapt de Lucas Belvaux (2009). Outre que le réalisateur nous montre, encore et toujours, la haute qualité du cinéma belge, ce film appartient à la catégorie du très grand cinéma !

L’histoire est librement inspirée de l’enlèvement du baron Empain, homme d’affaire, victime d’un rapt, en 1978.

Jeune capitaine d’un des fleurons de l’industrie française, Stanislas Graff est enlevé, amputé et violenté. Alors qu’il résiste avec courage et dignité, les évènements à l’extérieur emportent son image dans un tourbillon. Loin de l’icône du  jeune patron brillant, les journaux révèlent les frasques supposés du chef d’entreprise : conquêtes extra-conjugales et dettes colossales de jeux…

Libéré, Stanislas Graff est accueilli avec froideur : sa famille lui reproche ses incartades, le conseil d’administration l’écarte de ses fonctions à cause de l’image caricaturale qu’il véhicule…Il est même soupçonné avoir organisé son enlèvement pour payer ses dettes de jeu… il est en passe de tout perdre…

Porté par un Yvan Atall exceptionnel (ce qui lui a valut une nomination pour le Cesar du meilleur acteur), ce film, loin de toute volonté polémique, pointe la bassesse des comportements humains et la dictature de l’image dans le monde contemporain selon l’adage du « pas vu pas pris ». Tout le monde en prend pour son grade : sa famille, ses amis, son entreprise et la police dont on se demande quelle est le fond de ses objectifs.

Avec Un Prophète de Jacques Audiard, Rapt est certainement l’un des meilleurs films de 2009 !

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Classiques en été : Ravel par Alicia de Larrocha (RCA)

1 22 July 2010 | 0 Comments

Décédée à l’automne dernier, la grande Alicia de Larrocha était surtout connue pour ses enregistrements mythiques de la musique espagnole et de Mozart. Virtuose et coloriste du clavier, si à son aise dans les paysages sonores de ses compatriotes Albeniz, Granados et De Falla, la grande musicienne n’a que très peu gravée la musique française si proche de cette esthétique espagnole….

On lui doit dans les années 1970, un premier enregistrement des concertos de Ravel sous la baguette, gère inspirante de Lawrence Foster (Decca) et un couplage des Variations symphoniques de Franck et de la rare Ballade de Fauré (Decca également). Ces témoignages, très rares en CD, sont disponibles dans la collection Eloquence Australie, une mine d’or du mélomane passionné.

Mais au début des années 1990, alors que l’artiste enregistrait pour RCA, elle nous laissa un superbe disque Ravel qui compte parmi les sommets de la discographie : les deux concertos sous la baguette de Leonard Slatkin complétés par les Valses nobles et sentimentales et la Sonatine.

Concertos

Outre la précision technique, la variété du toucher est l’un des points cardinaux de cette galette. A l’inverse d’un Bertrand Chamayou (l’une des curieuses étoiles montantes du piano français) lors d’un récent concert atone à Colmar, la grande pianiste espagnole fait preuve d’une palettes de nuances et de couleurs infinies. C’est un Ravel à la fois impressionniste, pointilliste et souvent fauviste qui explose sous des doigts qui refusent toute virtuosité gratuite et froide pour narrer des histoires. Souvent neutre ou lourd, Leonard Slatkin est ici un accompagnateur parfait. Dans les pièces pour piano seuls, la magie continue d’opérer avec des Valses nobles et sentimentales et une Sonatine qui respirent une poésie simple et chatoyante.

Les fans de la pianistes ne rateront sous aucun prétexte la prochaine réédition (fin août ou en septembre selon les marchés locaux), en tarif économique, chez EMI des enregistrements de l’artiste pour la filiale espagnole de la multinationale aux débuts de sa carrière.  Decca serait aussi très inspiré de rééditer sa belle intégrale des concertos de Beethoven avec le jeune Riccardo Chailly au pupitre de l’orchestre de la Radio de Berlin.

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Le festival de Herrenchiemsee

Musique 21 July 2010 | 0 Comments

Il va des festivals comme du reste, les différents pays restent centrés sur leurs propres évènements ! Depuis Bruxelles, Paris ou Toulouse, les festivals allemands, c’est surtout Bayreuth, à la rigueur Munich pour les lyricophiles et peut-être le Schleswig-Holstein pour les mélomanes les plus émérites. Pourtant, c’est oublier que de nombreuses grosses manifestations parsèment l’Allemagne en été. On se rendra en août au festival de Rheingau, le long de la vallée du Rhin qui propose, pendant deux mois, une affiche musicale incroyable !

Mais, l’étape de cette semaine était bavaroise avec une halte entre Munich et Salzbourg à Chiemsee, le plus important (en superficie) des lacs de Bavière. Au milieu de ce lac, Louis II de Bavière a fait édifier un château….copié sur le modèle de  Versailles…Fasciné par le modèle français de l’absolutisme, le roi avait commandé cette réplique….On reste autant fasciné que perplexe devant l’énergie et l’ambition d’un tel personnage. Cela étant, le château comporte des « pièces maîtresses » : la copie de l’escalier des Ambassadeurs (l’original à Versailles étant détruit depuis le milieu du XVIIIeme siècle) et surtout la réplique agrandie de la  galerie des Glaces (à peine moins de 100 mètres de long !). Les concerts se donnent majoritairement dans cet espace !

Le festival est, en lui même, un objet unique : il faut se rendre en bateau sur l’île et marcher ensuite 20 minutes pour découvrir le château.  L’accès aux concerts se fait par l’escalier des Ambassadeurs et à travers différentes salles à la gloire de louis….XIV….dont des portraits ornent les murs ! La longue pause (45mn) permet de se promener dans le parc et d’observer le folklore du festival dont les souffleurs du cor des alpes sont le clou inévitable…Le retour sur la terre ferme se fait, toujours en bateau, au milieu des musiciens et des solistes du jour.  On tient certainement ici, l’anti-salzbourg absolu…

Ce festival à 10 ans et en 10 grosses journées, il propose une affiche multiples et variée. La plupart des artistes sont allemands, bavarois même, mais sont à la fois justement réputés localement et excellents…Le Directeur musical du festival est le chef d’orchestre Enoch zu Guttenberg, inconnu au bataillon dans nos contrées, mais qui bénéfice d’une solide réputation en Allemagne. C’est un chef, à l’ancienne, car il ne se consacre à la musique qu’auprès de son propre orchestre : le KlangVerwaltung mais il tient à apporter un éclairage authentique : pas de vibrato, effectifs réduits, tempi rapides….

On pourra lire sur ResMusica mon compte-rendu et un entretien avec le chef

Une belle découverte donc pour un festival qui donne envie d’y retourner.

Le site du festival : herrenchiemsee-festspiele.de/

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Décès du chef d’orchestre Sir Charles Mackerras.

Musique 15 July 2010 | 0 Comments

Le grand chef d’orchestre australien Sir Charles Mackerras vient de décéder à l’âge de 84 ans.  Le musicien représentait à lui tout seul, un pan entier de l’histoire de l’interprétation et du disque.

Il aura marqué son époque par ses enregistrements des œuvres de Leoš Janáček et Antonin Dvořák (Decca et Supraphon) tout en s’intéressant de près aux progrès dans l’histoire de l’interprétation avec une extraordinaire intégrale des symphonies de Beethoven gravée à la tête de l’orchestre royal de Liverpool (EMI). Le musicien n’avait aucunes limites stylistiques et pouvait briller dans des oratorio de Haendel à la tête d’orchestres sur instruments d’époque que dans des opérettes de Gilbert et Sullivan. Sa curiosité musicale et interprétative était insatiable, on lui doit l’une des premières intégrales des symphonies de Brahms avec un orchestre de chambre (Telarc) et une version de Lucia di Lammermoor de Donizetti à la tête d’un orchestre sur instruments d’époque (Sony).

Symphonie N°7 & N°8

Complete Symphonies

Sa carrière discographique l’aura conduit de la fin de l’ère des 78 tours à l’avènement des SACD !

Toujours très actif, il venait de sortir un nouvel enregistrement de symphonies de Dvořák (Signum) et s’apprêtait à diriger une version de concert d’Idomeneo de Mozart à Londres et Edinburgh.

Sir Charles Mackerras a été le directeur musical du BBC Concert orchestra, de l’English National Opera, du Sydney Symphony Orchestra et du Welsh National Opera. Il avait des liens particuliers avec la Philharmonie de Vienne, la Philharmonie tchèque, l’Orchestre de chambre d’Ecosse et le Philharmonia Orchestra de Londres.

Kata Kabanova

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Classique en été : Ravel par Seiji Ozawa

Musique 14 July 2010 | 0 Comments

Dernier papier avant quelques jours d’absences pour un déplacement au festival de Herrenchiemsee en Allemagne.  Ce sera aussi le premier d’une série estivale centrée sur quelques classiques du disque.

Ravel: Le Tombeu De Couperin / Rapsodie Espagnole

Ce premier temps nous permet d’évoquer Seiji Ozawa qui va célébrer, à l’automne, ses 75 ans. Seiji Ozawa est  assurément l’un des plus fidèles serviteurs de la musique française et ses témoignages dans Bizet, Ravel, Berlioz, Messiaen et Dutilleux restent des modèles du genre et des piliers de toute discothèques.

Dans les années 1970, jeune directeur musical de l’Orchestre de Boston, le chef nippon a enregistré une intégrale des œuvres symphoniques  de Ravel pour DGG. Si certains titres de cette somme restent des classiques des collections économiques (Boléro, La Valse), cette intégrale n’est disponible qu’auprès de la filiale australienne de DGG….Curieusement, le label rouge préfère rééditer les disques d’Abbado et de Boulez….

Ravel : Daphnis et Chloe ; Valses Nobles et Sentimentales [Australia]

Pourtant, ces disques forment une sorte de quadrature du cercle autant par la vision franche, méticuleuse et colorée du chef que par les couleurs de l’orchestre. Dans les années 1970, le son de l’orchestre de Boston est encore très français (le basson !). L’acuité de la vision du chef rencontre les teintes si idoines dans cette esthétique sonore. J’avoue rester un inconditionnel de ces enregistrements, à la fois, précis mais chaleureux, pugnaces mais enjôleurs avec ce qu’il faut de grâce et de  magie.  De cette série, le Daphnis et Chloé et les Valses nobles et sentimentales sont des sommets de la discographie.

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